Et voilà, je vous avais dit que cette année, vous en auriez du 10 ans...
Ce sera donc le 7e et dernier article, puisque je finissais l'année sur le début de ma nouvelle vie (sous le bienveillant saint patron de mon père, l'Archange Michel).
Samedi 29 septembre 2001, à 13 h 45, j'ai donc quitté mes enfants, ma maison, mon ancienne vie pour partir vers un inconnu (dans tous les sens du terme).
Je n'oublierais jamais cette terrible sensation d'angoisse et de culpabilité, d'avoir laissé mes petits, mais aussi cette liberté qui me tendait enfin la main.
J'ai pleuré beaucoup, vraiment beaucoup, je me suis battue aussi pour ne pas flancher, pour ne pas retourner en arrière. Ca a été terrible vraiment...
Je sais que j'ai totalement anéanti mes enfants ce jour-là. Qu'aujourd'hui, s'il fallait refaire, je m'y prendrais autrement. C'est encore pour eux que je culpabilise, d'être partie comme ça, quasi sur un coup de tête. Sans rien expliquer vraiment. Je m'en veux encore...
Mais voilà, à l'époque je ne me suis pas donnée d'autres choix. Leurs ai-je demandé pardon ? Je ne sais plus, je crois que oui, je crois aussi que je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie à l'aube des 18 ans de mon ainé (je me souviens encore de l'ex me disant "mais tu pourrais au moins attendre la semaine prochaine pour partir, on doit fêter l'anniversaire de l'ainé"...).
Jeudi prochain mon Môssieurl'ainé aura 18 ans, il n'aura certainement pas oublié cette journée de septembre où nos vies ont basculé, mais sans ce départ d'il y a 10 ans, je sais que jeudi prochain, il n'aurait pas eu sa mère à ses côtés.
Petit blog personnel... pour mieux me souvenir de vous quand je serais vieille...
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jeudi 29 septembre 2011
lundi 12 septembre 2011
De nuit...
Parce que mon mari vient de m'envoyer une photo et que je retrouve intacte la sensation de cette nuit de septembre.
Une première pour moi en tant que bénévole, une première pour nous en tant que "couple", une première pour une manifestation absolument fantastique dont j'aime énormément l'ambiance, l'organisation, le spectacle.
Et une première en tant que "grand voyage" moto.
Cette nuit là, le 19 septembre 2002, après être partis en fin d'après-midi, mon mari qui ne l'était pas encore, me conduisait à Reygades, pour le Oxbow MX. Nous arrivons vers 23 h en haut d'une colline et là, la moto ralentie, s'arrête, et mon amoureux de me dire "flûte on est en panne !"
Et autour de nous, noir complet. Mais quand je dis noir c'était noir, noir ! Pas le moindre phare sur la route (en lacets) pas la moindre lumière au loin, même pas la lune ! Rien de rien.
Grosse panique pour moi, je commence à dire "Bon c'est malin, là j'ai carrément la trouille !", et l'homme qui pose sa main sur mon genou et me dit "Tu crois vraiment que j'aurais pris ce risque là ? " Et il fait redémarrer la moto. Le coup de la panne à 23 h, après 6 h de route... Non mais je vous jure !
Je venais de goûter à une émotion encore jamais connue. Avoir peur mais ne m'être sentie ni seule ni désespérée. Savoir qu'au bout du chemin la lumière reviendrais.
Effectivement, quelques kilomètres plus loin, un village de tentes, éclairé, animé, vivant, et les potes là, qui nous attendaient.
J'y pense à chaque week-end de septembre quand on reprend cette route pour aller à ce qui est devenu aujourd'hui le Kenny Festival.
J'y pense à chaque nuit noire comme de l'encre et je sais que je n'y suis pas seule.
La vue de jour :
Je vous garantie que de nuit, c'est juste flippant !
Une première pour moi en tant que bénévole, une première pour nous en tant que "couple", une première pour une manifestation absolument fantastique dont j'aime énormément l'ambiance, l'organisation, le spectacle.
Et une première en tant que "grand voyage" moto.
Cette nuit là, le 19 septembre 2002, après être partis en fin d'après-midi, mon mari qui ne l'était pas encore, me conduisait à Reygades, pour le Oxbow MX. Nous arrivons vers 23 h en haut d'une colline et là, la moto ralentie, s'arrête, et mon amoureux de me dire "flûte on est en panne !"
Et autour de nous, noir complet. Mais quand je dis noir c'était noir, noir ! Pas le moindre phare sur la route (en lacets) pas la moindre lumière au loin, même pas la lune ! Rien de rien.
Grosse panique pour moi, je commence à dire "Bon c'est malin, là j'ai carrément la trouille !", et l'homme qui pose sa main sur mon genou et me dit "Tu crois vraiment que j'aurais pris ce risque là ? " Et il fait redémarrer la moto. Le coup de la panne à 23 h, après 6 h de route... Non mais je vous jure !
Je venais de goûter à une émotion encore jamais connue. Avoir peur mais ne m'être sentie ni seule ni désespérée. Savoir qu'au bout du chemin la lumière reviendrais.
Effectivement, quelques kilomètres plus loin, un village de tentes, éclairé, animé, vivant, et les potes là, qui nous attendaient.
J'y pense à chaque week-end de septembre quand on reprend cette route pour aller à ce qui est devenu aujourd'hui le Kenny Festival.
J'y pense à chaque nuit noire comme de l'encre et je sais que je n'y suis pas seule.
La vue de jour :
Je vous garantie que de nuit, c'est juste flippant !
lundi 11 juillet 2011
45...
Un bilan ? Non, un constat plutôt.
45 ans. Et alors ? Alors tant mieux ! 10 ans de gagnés, 10 ans de bonheur, 10 ans de vraie vie, 10 ans de chance inouïe d'avoir trouvé un nouveau destin. Aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de repenser à cet anniversaire d'il y a 10 ans, où j'ai perdu le sens de la mesure, et où d'un coup, j'ai enfin ouvert les yeux.
Depuis, je vis chaque jour comme il vient, avec celui qui me tient le bras et m'accompagne à chaque pas.
Oui, peut-être que physiquement c'était mieux avant, mais je crois qu'il est possible d'améliorer les choses, j'ai assez lanterné, et si je veux présenter "beau" dans 10 ans, il faut que je me bouge. Ca devrait être possible.
Voilà à 45 ans, ma seule vraie "nostalgie", le physique de mes 35 ans.
Pour le reste, non vraiment je n'ai aucun regret, aucun remords, juste du bonheur derrière moi et je l'espère, encore beaucoup devant moi.
45 ans. Et alors ? Alors tant mieux ! 10 ans de gagnés, 10 ans de bonheur, 10 ans de vraie vie, 10 ans de chance inouïe d'avoir trouvé un nouveau destin. Aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de repenser à cet anniversaire d'il y a 10 ans, où j'ai perdu le sens de la mesure, et où d'un coup, j'ai enfin ouvert les yeux.
Depuis, je vis chaque jour comme il vient, avec celui qui me tient le bras et m'accompagne à chaque pas.
Oui, peut-être que physiquement c'était mieux avant, mais je crois qu'il est possible d'améliorer les choses, j'ai assez lanterné, et si je veux présenter "beau" dans 10 ans, il faut que je me bouge. Ca devrait être possible.
Voilà à 45 ans, ma seule vraie "nostalgie", le physique de mes 35 ans.
Pour le reste, non vraiment je n'ai aucun regret, aucun remords, juste du bonheur derrière moi et je l'espère, encore beaucoup devant moi.
| 4 juin 2011 - Crédit Aliénor |
mercredi 9 mars 2011
Il y a dix ans III
Donc le 14 à midi, j'ai comme un coup de mou, un gros coup de mou quand même. Le téléphone sonnait et comme c'était à peu près le seul truc qui me reliait à l'extérieur, j'ai répondu. Ma copine voulait savoir si elle pouvait passer, nous avions une commission périscolaire à préparer. Je me suis dis que si je n'étais pas restée dans ce foutu bloc après deux arrêts cardiaques parce que je venais de faire une monstrueuse hémorragie, ce n'était pas une cicatrice de 18 cm de long qui allait m'empêcher de reprendre du poil de la bête.
Je me suis remise dans la vie et comme la fille de mon amie n'avait que 18 mois, elle a recruté d'autres bras pour pousser mon fauteuil : le maire, les autres adjoints venaient me chercher pour aller aux réunions, ou les faisaient à la maison ; son mari faisait quelques courses, et "les yeux bleus" me ramenait enfants, ou packs d'eau.
Ce projet de modification de tournée scolaire, je n'allais pas l'abandonner. Alors je bossais, regardais, apprennais, les horaires, les contraintes, les réglementations, et il était là. Et moi ne voyant rien que sa disponibilité.
Je me sentais et j'étais fragile, prête à pleurer pour rien, à m'émouvoir de tout, de moins en moins en phase avec celui qui était sur le papier, mon mari. Il avait avancé sans moi, acceptant, sans me demander mon avis, de partir 18 mois en Espagne à partir de novembre 2001, expatrié mais sans sa famille ; il avait aussi accepté de partir au Japon en juillet, me laissant de nouveau seule avec les enfants - nos parents respectifs n'étaient ni en vacances ni à la retraite ! - sans savoir si oui ou non je pourrais conduire ou même si.je remarcherai.
Donc moi d'un côté, et celui qui allait devenir l'ex, de l'autre.
Au milieu, l'avenir aux yeux bleus. Présent, attentif, courtois, encourageant. Sans un mot ni un regard équivoque, boulot, boulot, boulot et un peu d'aide pour les enfants.
Un après-midi, je finis par lui demander s'ils peuvent, avec son épouse, se joindre à nous pour un apéro. Il me dit que sa compagne était décédée quelques années auparavant, qu'il était seul depuis.
Nous étions début juin, mon rythme quotidien était plus acceptable. Il me demanda un peu d'aide pour un événement sportif dont il était l'organisateur. Nous sortions du cadre strict de la mairie. De fil, en aiguille, de chose à l'autre, de petits pas, en ballade, je me rends compte que là derrière les yeux bleus, il y a un homme, des valeurs, des choix de vie que j'aurais pu faire moi. Et surtout qu'il y a cette stabilité, cette sérénité qui me manque tant.
Je tombe amoureuse, sans le savoir, sans le voir venir, pire que ça, je ne suis pas amoureuse, non je suis sereine. Et lui est amoureux depuis janvier ! Mais ne dit rien, surtout pas, je suis mariée, fragile, intouchable.
Et un instant trop fatiguée, trop tiraillée, je pleure sur mon sort. Alors il a posé sa main sur mon bras, et dix ans après j'en ai encore le frisson.
Le 17 juin 2001 je devais "amante", le 31 septembre 2001, je prenais mes valises. Entre les deux j'ai répété à l'envie : je ne quitterai ni mon mari ni mes enfants. Mon amoureux ne disait rien, il attendait, se contentait, espérait parfois, me soutenait toujours.
Et puis j'ai craqué, le 31 septembre, je n'en pouvais juste plus de cette "double" vie, Une vie où il n'y avait que la souffrance et la peur, et l'autre ces instants volés où j'étais en sécurité, tranquille, sereine et bien. J'ai annoncé à mon "mari" que je partais, lui laissant, les enfants - dont je viendrais m'occuper tous les jours jusqu'à ce que lui trouve une solution - la maison et le reste. Il m'a demandé alors "mais qu'est-ce que je vais dire à mon patron ?" Je n'avais plus de regret.
Mon amoureux m'écoutant en pleurs, a dit "viens, nous trouverons une solution". Depuis nous avons combattu ensemble, marché ensemble, réussi ensemble, parfois trébuché, mais toujours ensemble.
J'ai la certitude que c'est lui, juste lui et personne d'autre, et en 10 ans, je ne crois pas avoir jamais douté. Su ce qui pourrait nous séparer, être consciente que tout n'était pas parfait, mais n'avoir jamais eu peur ou de regret.
Si c'était à refaire, je referais pareil, tout, sans rien changer.
Je me suis remise dans la vie et comme la fille de mon amie n'avait que 18 mois, elle a recruté d'autres bras pour pousser mon fauteuil : le maire, les autres adjoints venaient me chercher pour aller aux réunions, ou les faisaient à la maison ; son mari faisait quelques courses, et "les yeux bleus" me ramenait enfants, ou packs d'eau.
Ce projet de modification de tournée scolaire, je n'allais pas l'abandonner. Alors je bossais, regardais, apprennais, les horaires, les contraintes, les réglementations, et il était là. Et moi ne voyant rien que sa disponibilité.
Je me sentais et j'étais fragile, prête à pleurer pour rien, à m'émouvoir de tout, de moins en moins en phase avec celui qui était sur le papier, mon mari. Il avait avancé sans moi, acceptant, sans me demander mon avis, de partir 18 mois en Espagne à partir de novembre 2001, expatrié mais sans sa famille ; il avait aussi accepté de partir au Japon en juillet, me laissant de nouveau seule avec les enfants - nos parents respectifs n'étaient ni en vacances ni à la retraite ! - sans savoir si oui ou non je pourrais conduire ou même si.je remarcherai.
Donc moi d'un côté, et celui qui allait devenir l'ex, de l'autre.
Au milieu, l'avenir aux yeux bleus. Présent, attentif, courtois, encourageant. Sans un mot ni un regard équivoque, boulot, boulot, boulot et un peu d'aide pour les enfants.
Un après-midi, je finis par lui demander s'ils peuvent, avec son épouse, se joindre à nous pour un apéro. Il me dit que sa compagne était décédée quelques années auparavant, qu'il était seul depuis.
Nous étions début juin, mon rythme quotidien était plus acceptable. Il me demanda un peu d'aide pour un événement sportif dont il était l'organisateur. Nous sortions du cadre strict de la mairie. De fil, en aiguille, de chose à l'autre, de petits pas, en ballade, je me rends compte que là derrière les yeux bleus, il y a un homme, des valeurs, des choix de vie que j'aurais pu faire moi. Et surtout qu'il y a cette stabilité, cette sérénité qui me manque tant.
Je tombe amoureuse, sans le savoir, sans le voir venir, pire que ça, je ne suis pas amoureuse, non je suis sereine. Et lui est amoureux depuis janvier ! Mais ne dit rien, surtout pas, je suis mariée, fragile, intouchable.
Et un instant trop fatiguée, trop tiraillée, je pleure sur mon sort. Alors il a posé sa main sur mon bras, et dix ans après j'en ai encore le frisson.
Le 17 juin 2001 je devais "amante", le 31 septembre 2001, je prenais mes valises. Entre les deux j'ai répété à l'envie : je ne quitterai ni mon mari ni mes enfants. Mon amoureux ne disait rien, il attendait, se contentait, espérait parfois, me soutenait toujours.
Et puis j'ai craqué, le 31 septembre, je n'en pouvais juste plus de cette "double" vie, Une vie où il n'y avait que la souffrance et la peur, et l'autre ces instants volés où j'étais en sécurité, tranquille, sereine et bien. J'ai annoncé à mon "mari" que je partais, lui laissant, les enfants - dont je viendrais m'occuper tous les jours jusqu'à ce que lui trouve une solution - la maison et le reste. Il m'a demandé alors "mais qu'est-ce que je vais dire à mon patron ?" Je n'avais plus de regret.
Mon amoureux m'écoutant en pleurs, a dit "viens, nous trouverons une solution". Depuis nous avons combattu ensemble, marché ensemble, réussi ensemble, parfois trébuché, mais toujours ensemble.
J'ai la certitude que c'est lui, juste lui et personne d'autre, et en 10 ans, je ne crois pas avoir jamais douté. Su ce qui pourrait nous séparer, être consciente que tout n'était pas parfait, mais n'avoir jamais eu peur ou de regret.
Si c'était à refaire, je referais pareil, tout, sans rien changer.
Il y a dix ans II
J'expliquais là le tout début, je n'ai pas raconté pourquoi ça a été le tout début. Aujourd'hui et certainement parce que c'est une année particulière pour moi, j'ai envie de me remémorer ces moments là.
Il y a 10 ans donc, je vivais avec l'ex, on venait de déménager, quitté, au coeur de l'été, le 18e arrondissement de Paris pour un village beauceron (je n'avais même pas idée qu'une région pouvait s'appeler la Beauce puisque sur mon carnet d'infos j'avais noté Transbos pour le transporteur local - quelle grue tout de même). Bref, on venait de s'installer dans une longère et l'ex venait de prendre un nouveau poste, plus complexe, plus prenant, où il devait voyager et beaucoup travailler. Le déménagement c'était pour se rapprocher du boulot et lui permettre de rentrer plus tôt et de partir plus tard. Moui...
Nous voilà en septembre 2000 et la première rentrée scolaire, je l'ai faite seule ! L'ex devait avoir une réunion super importante certainement. Et me voilà avec deux enfants à mettre à l'école, l'un qui faisait sa première rentrée en primaire à 9 h dans l'école en haut de la rue, et l'autre qui faisait sa première rentrée de maternelle à 9 h dans l'école en bas de la rue... Et je m'étonne encore d'avoir un gosse traumatisé par ses études ! Mais ça n'est pas le propos.
Je vivais "seule", l'ex partait le matin à 6 h, rentrait à 21 h, dormait le week-end. Nous étions en parallèle, dans la même maison mais pas dans la même vie. Je n'y voyais pas plus d'inconvénients que ça, les choses étant plus ou moins de la sorte avec des hauts et des bas depuis quasiment 6 ans.
L'école m'a permis de rencontrer d'autres femmes, la proximité de la mairie m'a aussi donné des envies, et au final en janvier 2001 nous organisions avec celle qui allait devenir mon amie, un "café-campagne". On s'inscrivait sur les listes pour les municipales et nous étions, à notre plus grand étonnement, élues toutes les deux ! Et par extraordinaire je me voyais propulsé au rang d'adjoint au maire !!
Je pensais partager ma "victoire", un espoir d'une vie plus active avec mon mari de l'époque. Et en rentrant à la maison, toute excitée de cette nouvelle, je la lui annonce. Sa réponse a été inversement proportionnelle à la joie que je ressentais : "Et qui va garder les enfants quand tu seras au conseil ou en réunion ?" Apparemment pas lui...
Ca a été un élément déclencheur. Christelle avait déjà commencé de m'avertir que le fonctionnement de notre couple lui paraissait bizarre, et là je commençais à comprendre pourquoi.
Malgré tout j'ai pris mes fonctions avec sérieux et enthousiasme. Je m'occupais donc des relations entre le personnel périscolaire, les instituteurs, les parents d'élèves et la mairie. Des tas de gens nouveaux, plus ou moins agréables, mais globalement de bonne volonté pour continuer ce que les équipes précédentes avaient construit.
Mais comme tout nouvel arrivant, j'ai voulu mettre mon grain de sel dans ce fonctionnement, et j'ai commencé de travailler avec le chauffeur scolaire, celui là même qui m'avait regardé avec intensité un matin de janvier.
J'ai été coupé dans mon élan par une grossesse extra-utérine (oui on avait aussi l'idée de faire un 3e, mon dieu qu'on peut être stupide parfois !). Le 5 mai 2001 me voilà hospitalisée, opérée en urgence, et apprenant dans la même seconde que j'étais enceinte, que je ne l'étais plus, et que je risquais surtout d'y rester.
Le 7 mai mon mari allait bosser, ma copine Christelle s'occupant de récupérer mes enfants à l'école. Le 9 et le 11 mai je recevais la visite du chauffeur de car, qui fleurissait ma chambre avec un énorme bouquet de muguet de son jardin et m'informant qu'avec Christelle ils avaient fait les courses, géré les enfants, pris soin de la maison. Non non mon ex n'était pas en voyage, il avait d'autres priorités.
Le 12 mai je sortais de la clinique en fauteuil roulant, je n'avais pas revu mes enfants depuis le samedi de mon hospitalisation, l'ex étant venu juste une fois pour me porter quelques affaires. Le 14 mai il allait bosser, me laissant seule, en fauteuil roulant avec le téléphone à côté de moi.
Le 14 mai à midi, j'ai eu envie de mourir...
Il y a 10 ans donc, je vivais avec l'ex, on venait de déménager, quitté, au coeur de l'été, le 18e arrondissement de Paris pour un village beauceron (je n'avais même pas idée qu'une région pouvait s'appeler la Beauce puisque sur mon carnet d'infos j'avais noté Transbos pour le transporteur local - quelle grue tout de même). Bref, on venait de s'installer dans une longère et l'ex venait de prendre un nouveau poste, plus complexe, plus prenant, où il devait voyager et beaucoup travailler. Le déménagement c'était pour se rapprocher du boulot et lui permettre de rentrer plus tôt et de partir plus tard. Moui...
Nous voilà en septembre 2000 et la première rentrée scolaire, je l'ai faite seule ! L'ex devait avoir une réunion super importante certainement. Et me voilà avec deux enfants à mettre à l'école, l'un qui faisait sa première rentrée en primaire à 9 h dans l'école en haut de la rue, et l'autre qui faisait sa première rentrée de maternelle à 9 h dans l'école en bas de la rue... Et je m'étonne encore d'avoir un gosse traumatisé par ses études ! Mais ça n'est pas le propos.
Je vivais "seule", l'ex partait le matin à 6 h, rentrait à 21 h, dormait le week-end. Nous étions en parallèle, dans la même maison mais pas dans la même vie. Je n'y voyais pas plus d'inconvénients que ça, les choses étant plus ou moins de la sorte avec des hauts et des bas depuis quasiment 6 ans.
L'école m'a permis de rencontrer d'autres femmes, la proximité de la mairie m'a aussi donné des envies, et au final en janvier 2001 nous organisions avec celle qui allait devenir mon amie, un "café-campagne". On s'inscrivait sur les listes pour les municipales et nous étions, à notre plus grand étonnement, élues toutes les deux ! Et par extraordinaire je me voyais propulsé au rang d'adjoint au maire !!
Je pensais partager ma "victoire", un espoir d'une vie plus active avec mon mari de l'époque. Et en rentrant à la maison, toute excitée de cette nouvelle, je la lui annonce. Sa réponse a été inversement proportionnelle à la joie que je ressentais : "Et qui va garder les enfants quand tu seras au conseil ou en réunion ?" Apparemment pas lui...
Ca a été un élément déclencheur. Christelle avait déjà commencé de m'avertir que le fonctionnement de notre couple lui paraissait bizarre, et là je commençais à comprendre pourquoi.
Malgré tout j'ai pris mes fonctions avec sérieux et enthousiasme. Je m'occupais donc des relations entre le personnel périscolaire, les instituteurs, les parents d'élèves et la mairie. Des tas de gens nouveaux, plus ou moins agréables, mais globalement de bonne volonté pour continuer ce que les équipes précédentes avaient construit.
Mais comme tout nouvel arrivant, j'ai voulu mettre mon grain de sel dans ce fonctionnement, et j'ai commencé de travailler avec le chauffeur scolaire, celui là même qui m'avait regardé avec intensité un matin de janvier.
J'ai été coupé dans mon élan par une grossesse extra-utérine (oui on avait aussi l'idée de faire un 3e, mon dieu qu'on peut être stupide parfois !). Le 5 mai 2001 me voilà hospitalisée, opérée en urgence, et apprenant dans la même seconde que j'étais enceinte, que je ne l'étais plus, et que je risquais surtout d'y rester.
Le 7 mai mon mari allait bosser, ma copine Christelle s'occupant de récupérer mes enfants à l'école. Le 9 et le 11 mai je recevais la visite du chauffeur de car, qui fleurissait ma chambre avec un énorme bouquet de muguet de son jardin et m'informant qu'avec Christelle ils avaient fait les courses, géré les enfants, pris soin de la maison. Non non mon ex n'était pas en voyage, il avait d'autres priorités.
Le 12 mai je sortais de la clinique en fauteuil roulant, je n'avais pas revu mes enfants depuis le samedi de mon hospitalisation, l'ex étant venu juste une fois pour me porter quelques affaires. Le 14 mai il allait bosser, me laissant seule, en fauteuil roulant avec le téléphone à côté de moi.
Le 14 mai à midi, j'ai eu envie de mourir...
mardi 11 janvier 2011
Il y a 10 ans...
A quelques jours près, je montais dans un bus scolaire pour accompagner PierrotCadet à une sortie. Il faisait froid, il y avait du brouillard et cette espèce de petite bruine qui vous refroidie à peine sortie de la maison.
Il y avait ça, il y avait mon fils accroché à ma main, et en face de moi, dans un regard bleu azur, il y avait mon avenir.
Mais ça, je ne le savais pas encore.
Il y avait ça, il y avait mon fils accroché à ma main, et en face de moi, dans un regard bleu azur, il y avait mon avenir.
Mais ça, je ne le savais pas encore.
jeudi 25 février 2010
Le bonze : avant...
Avant Cherettendre, j'avais une autre vie (mais pas de bonze). Une vie avec ce qu'elle comportait de hauts et de bas. Et puis à un moment, il a y eu plus de bas que de hauts. On a basculé du côté sombre de la force à cause d'un accident conjugal domestique. Une fois, il aura suffit qu'on perde la mesure une fois. Lui, moi, peut importe en fait, moi autant que lui, mais lui un peu plus fort que moi (forcément à un mètre quatre-vingt-douze et 95 kg de muscles, il était sacrément handicapé face à mes 52 kg et mon mètre soixante-six). Et je me suis retrouvée propulsée contre un angle de meuble de cuisine. Mon omoplate gauche s'est fêlé, mes cervicales ont morflées, les plaques crâniennes aussi, et ma trachée a été un peu compressée.
"Agression sur voie publique", ai-je dit au médecin, consulté le sur-lendemain, parce que je ne pouvais plus bouger la tête... Forcément, pas facile d'avouer que votre mari vous a fait traverser la cuisine (même si la dite cuisine ne faisait que 3 mètres de long) en vous poussant un peu fort, parce que, moyennement emballée à l'idée qu'il vous demande de rencontrer sa maitresse - pour mettre les choses au point, selon lui - vous lui dite qu'il n'a aucun respect pour vous, en essayant au passage, de lui coller une baffe. Et que ça l'a mis en colère (la baffe ? le fait que je refuse de rencontrer sa pouf ? que je lui ai dit qu'il était irrespectueux ?) Alors j'ai dit "Agression sur voie publique" pour justifier mon état.
Etat dont je me suis débarrassée des séquelles physiques superficielles avec un excellent ostéopathe, un corse, beau comme un dieu grec ! Il m'a tout remis en place, les plaques crâniennes, les cervicales, le bras gauche, bref tout ce qui avait été déséquilibré dans la chute. En me disant : "faudra faire attention à ne pas vouloir vous en prendre à plus costaud que vous la prochaine fois..." l'air entendu.
Je suis restée longtemps sans me poser de question, sans vouloir me poser de question, et j'ai fini par oublier, enfin je croyais...
Mais avant de vous livrer la suite, le bonze et tout ça, je voulais juste dire que ce matin dans ma voiture, ça, le reste, tout est remonté.
J'ai écouté un journaliste dire que l'assemblée nationale allait débattre des violences faites aux femmes, et surtout d'un fabuleux progrès, on allait étendre (selon quel critère, on n'a pas bien su) le port du bracelet électronique destiné aux maris violents... Parce qu'on va gagner "40 vies" dites donc ! Si, il a dit 40 le spécialiste des violences conjugales... 40 c'est bien, surtout si c'est ma fille, ma soeur, ma voisine de pallier qui bascule du bon côté des 40...
Mouais, c'est bien hein, c'est pas le problème, m'enfin je me suis dit en même temps qu'on pouvait peut-être appliquer correctement ce qu'on avait déjà non ? On pourrait commencer par dire que de tabasser sa femme, c'est interdit... Nan mais vraiment interdit hein, pas juste un peu une baffe comme ça, non interdit de chez interdit quoi. Et dans les commissariats, si on évitait de dire "ben là vraiment, on voit pas bien le problème, on a convoqué votre mari, on est convaincu qu'il vous aime, faudrait faire un effort" à celles qui viennent d'avoir enfin le courage de se plaindre d'un xième oeil poché, ou de la litanie de trop des "pétasse, connasse, moruasse, pôv tache, raclure de bidet", déjà ça aussi ça aiderait non ? Attention, tous les commissariats ne sont pas remplis uniquement d'abrutis notoires, il y a des gens très très bien qui font beaucoup pour les femmes battues ! On pourrait aussi, foutre le mec dehors, au lieu de demander à sa compagne de faire ses valises sans oublier de mettre les gosses dedans.. Parce que ça, rien que ça, déjà, on devrait, ben on fait pas... Vous comprenez, c'est le chef de famille, c'est à lui la maison ou l'appart...
Non pas que je ne sache pas que des tas de gens font des tas de choses fabuleuses, mais que là, vraiment, les politiciens s'ils pouvaient se préoccuper de donner les moyens d'appliquer ce que leurs camarades de la cession parlementaire précédente ont "texté", ça éviterait qu'on passe une fois de plus pour les dindons de service... et que je sorte de ma voiture avec en tête : "paroles et paroles et paroles, paroles et paroles et paroles, paroles et paroles et paroles, paroles, toujours des mots"
"Agression sur voie publique", ai-je dit au médecin, consulté le sur-lendemain, parce que je ne pouvais plus bouger la tête... Forcément, pas facile d'avouer que votre mari vous a fait traverser la cuisine (même si la dite cuisine ne faisait que 3 mètres de long) en vous poussant un peu fort, parce que, moyennement emballée à l'idée qu'il vous demande de rencontrer sa maitresse - pour mettre les choses au point, selon lui - vous lui dite qu'il n'a aucun respect pour vous, en essayant au passage, de lui coller une baffe. Et que ça l'a mis en colère (la baffe ? le fait que je refuse de rencontrer sa pouf ? que je lui ai dit qu'il était irrespectueux ?) Alors j'ai dit "Agression sur voie publique" pour justifier mon état.
Etat dont je me suis débarrassée des séquelles physiques superficielles avec un excellent ostéopathe, un corse, beau comme un dieu grec ! Il m'a tout remis en place, les plaques crâniennes, les cervicales, le bras gauche, bref tout ce qui avait été déséquilibré dans la chute. En me disant : "faudra faire attention à ne pas vouloir vous en prendre à plus costaud que vous la prochaine fois..." l'air entendu.
Je suis restée longtemps sans me poser de question, sans vouloir me poser de question, et j'ai fini par oublier, enfin je croyais...
Mais avant de vous livrer la suite, le bonze et tout ça, je voulais juste dire que ce matin dans ma voiture, ça, le reste, tout est remonté.
J'ai écouté un journaliste dire que l'assemblée nationale allait débattre des violences faites aux femmes, et surtout d'un fabuleux progrès, on allait étendre (selon quel critère, on n'a pas bien su) le port du bracelet électronique destiné aux maris violents... Parce qu'on va gagner "40 vies" dites donc ! Si, il a dit 40 le spécialiste des violences conjugales... 40 c'est bien, surtout si c'est ma fille, ma soeur, ma voisine de pallier qui bascule du bon côté des 40...
Mouais, c'est bien hein, c'est pas le problème, m'enfin je me suis dit en même temps qu'on pouvait peut-être appliquer correctement ce qu'on avait déjà non ? On pourrait commencer par dire que de tabasser sa femme, c'est interdit... Nan mais vraiment interdit hein, pas juste un peu une baffe comme ça, non interdit de chez interdit quoi. Et dans les commissariats, si on évitait de dire "ben là vraiment, on voit pas bien le problème, on a convoqué votre mari, on est convaincu qu'il vous aime, faudrait faire un effort" à celles qui viennent d'avoir enfin le courage de se plaindre d'un xième oeil poché, ou de la litanie de trop des "pétasse, connasse, moruasse, pôv tache, raclure de bidet", déjà ça aussi ça aiderait non ? Attention, tous les commissariats ne sont pas remplis uniquement d'abrutis notoires, il y a des gens très très bien qui font beaucoup pour les femmes battues ! On pourrait aussi, foutre le mec dehors, au lieu de demander à sa compagne de faire ses valises sans oublier de mettre les gosses dedans.. Parce que ça, rien que ça, déjà, on devrait, ben on fait pas... Vous comprenez, c'est le chef de famille, c'est à lui la maison ou l'appart...
Non pas que je ne sache pas que des tas de gens font des tas de choses fabuleuses, mais que là, vraiment, les politiciens s'ils pouvaient se préoccuper de donner les moyens d'appliquer ce que leurs camarades de la cession parlementaire précédente ont "texté", ça éviterait qu'on passe une fois de plus pour les dindons de service... et que je sorte de ma voiture avec en tête : "paroles et paroles et paroles, paroles et paroles et paroles, paroles et paroles et paroles, paroles, toujours des mots"
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