Pages

Affichage des articles dont le libellé est Première fois.... Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Première fois.... Afficher tous les articles

dimanche 25 septembre 2016

Dans 9 mois....

Il y a quelques années nous avons rencontré un jeune homme charmant, aéronaute de métier, posté sur les châteaux de la Loire. Il venait tout droit du Sri Lanka.

Il est devenu un ami, un très bon ami même, d'autant qu'il est né le même jour que Peau d'Ane. 






C'est celui qui l'a fait le plus voler. C'est SON pilote, celui qui lui garantit un atterrissage comme sur une fleur, la positionne au meilleur endroit, lui fait lire les manos, lui laisse faire tout ce qui est possible de faire dans une nacelle, avant pendant et après le vol. Bref, ils s'adorent !
















Peau d'Ane rêvait depuis au moins deux ans d'aller passer un moment chez lui, là-bas dans son ile. Mais mon amoureux refusait parce que bon c'est pas tout ça, mais 12 heures d'avion hein... Et puis dans les avions tu peux pas sortir ton bras par la fenêtre, tu peux pas voir la route, et là-bas hein comment aurait-on fait ? On n'y connait rien nous en voyage. Et puis Richard n'est pas là-bas au moment où nous on peut, il est en Inde (c'est un des rares pilotes international à faire 1/2 saison en France et 1/2 saison en Inde sur des ballons de 25 places et plus). En gros c'était "jamais de la vie"... Et nous étions bien tristes elle et moi. Nous avons tenté le coup du guide, de ramener des infos, de discuter, mais non pas question. Sans laisser complétement tomber, nous avions mis un peu ce voyage de côté, après le bac se disait-on.

En août dernier, Richard nous invite à passer la journée avec lui et à partager son vol. Les châteaux de la Loire avec Richard je n'allais pas rater ça. Ma bichette jolie non plus. Voler avec son pote au départ de Chaumont c'était Noël et Pâques dans la même journée.

Au détour de la conversation, tranquillement installés à la table d'un super restau, Richard dit "En juin c'est le mariage de mon frère, je vous invite ! Ca va être un super moment " "Comment ça tu nous invite au mariage de ton frère ?" "Ben à Colombo tiens, on prend le même avion, je t’organise le trip, et après c'est mariage et on rentre en même temps". Peau d'Ane n'a pas le temps de dire quoi que ce soit que son père répond "bon ben ok"

Ah stupeur et tremblements "arrête t'es pas drôle ça fait deux ans qu'on te demande et toi tu dis non tout le temps" l'homme nous achève avec un" "oui mais bon, là c'est avec Richard, je te donne ma parole on y va, on s'arrangera pour le taff et l'école, mais on ne peut pas rater un moment pareil !"

Tu n'imagines pas la joie ! ¨Peau d'Ane et moi à faire le tour de la table pour embrasser les hommes ! Les clients qui se demandaient bien ce qui se passaient, Peau d'Ane à hurler "hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii on part au Sri Lanka ! hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii on part, on part vraiment !!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

Il fallait régler les détails (va expliquer au patron de l'homme que son seul chauffeur scolaire se barre 15 jours en plein juin au SL pour le mariage d'un mec qu'il ne connait même pas !)  Mais on a les billets ! Et le trajet, les hôtels et le coeur qui bat à 100 à l'heure rien que d'y penser.

Dans 9 mois nous partons au Sri Lanka !

Ca méritait bien une photo des deux potos de jours d'anniversaire :



(oui elle a bien une attelle, ce qui ne l'empêche absolument pas de voter et de crâner)

lundi 18 janvier 2016

Angles d'approche...

Ce week-end nous sommes allés à Paris. Rien d'extraordinaire me direz vous, ce n'était pas la première fois, sauf que quand même un peu. La première virée soldes avec Marraine pour Peau d'Ane et la première visite au Palais Galliéra pour l'homme et moi. Ce qui m'a donné l'occasion de réfléchir à l'angle dont on aborde les choses selon qui l'on est et où l'on se trouve par rapport à ce que l'on voit.

Les soldes :

Pour Peau d'Ane, ça aurait pu se passer de commentaire, mais avec  une marraine gâteuse de sa filleule, une filleule qui surkiffe sa marraine, toutes les deux accros du shopping et 5 h devant elles, vous imaginez aisément qu'elles se sont amusées et ont dépensé des sommes indécentes : "mais Maman c'est une fois par an et puis c'était la première fois et en plus j'ai respecté le budget" d'un côté et "Je suis blindée de points / de promos / de remise autant que ça soit elle qui en profite !" de l'autre.

- Mon point de vue : euh, nan vraiment un débardeur en soie pour une collégienne ça n'est pas nécessaire
- Le point de vue de ma fille : aaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhh c'est trop beau !
- Le point de vue de la marraine : nan mais ça la sort du côté bébé.

Donc en vrai, oui ma fille avait besoin de renouveler ses basiques, autant profiter de l'occasion pour voir qu'on peut faire du beau autrement qu'avec des paillettes flashy, des rayures roses sur noir et des dessins de chatons. Sa grand-mère paternelle, qui est une perle en dehors de ça, abreuve à n'en plus finir sa petite-fille de ses goûts vestimentaires tout pourrites. L'avantage c'est que ma fille est une gentille jeune fille qui fait bien la différence entre le moche et le basique de bon goût. Ce qui nous a valu :

- Une doudoune Bel Air (non mais les prix ! Mandieu les prix !!!!!! ) c'est beau, mais c'est tellement cher ! De quoi bien frimer au collège. (remarque que ce n'est pas avec son ts tigre à paillettes fluo qu'elle peut frimer  - d'ailleurs elle ne l'a jamais mis ce truc).
- Des TS basiques  Petit Bateau ce qui est beaucoup plus raisonnable
- Un jean Zara  pour la frime aussi (en super soldes, donc le prix que j'aurais mis moi sans trop sourciller).

Manque bien un ou deux pulls à mon sens mais cette petite est comme son père "jamais froid".

Le(s) Musée(s)

Oui, deux musées dans la même journée et sans défaillir pour l'homme.

Le premier, le Palais Galliéra (ne manquez pas la revue de presse de l'exposition elle est fabuleuse) avec une exposition de robes d'une femme que je ne connaissais pas. Pas que des robes d'ailleurs, mais aussi des croquis, quelques photos et des extraits épistolaires. Pour tout vous dire j'y allais pour les robes, les photos et autres croquis m'ont laissée complètement froide. Marichéri m'accompagnait et a trouvé le moyen de me faire rire et d'amuser la galerie, comme souvent avec ses blagues pas toujours très fines mais très drôles*.

Robe Verte Worth  1897 - Robe en crêpe et plume d'autruche Nina Ricci 1937
- Mon point de vue : des robes, des perles, des plumes, des oeuvres d'art, de la beauté et de la technicité à l'état pur (mais bon sang comment peut on réaliser un velours ciselé d'une telle finesse et monter des plumes d'autruche sur du crêpe ? Et encore vous n'avez pas vu le manchon en plume de tête de faisan... oui madame en plumes de tête de faisan !)
- Le point de vue de l'homme : Euh elle faisait combien de tour de taille là la dame ? devant l'étroitesse de la taille - à vue de nez un petit 32 et encore.
- Le point de vue d'un visiteur avec qui j'ai un peu échangé : "Je me régale de l'ambiance proustienne qui se dégage de cette exposition magnifique". Ambiance que je n'ai pas vue du tout soit dit en passant (si quelqu'un peut m'éclairer sur la spécificité de l'ambiance proustienne qu'il s'en donne à coeur joie).

Le second musée : Fondation Pierre Berger - Yves Saint Laurent - Vivre pour l'Art

Nous n'étions pas parti pour ça mais il nous a été chaudement recommandé par la serveuse de la brasserie où nous nous étions arrêtés déjeuner. Je m'attendais à des costumes et pas une exposition "classique". Mais je ne regrette pas du tout, j'ai pu voir de très près (enfin de bien plus près que dans un grand musée comme Le Louvre ou Orsay) des oeuvres de Modigliani, Mondrian, Picasso, Rousseau, Matisse et autres maîtres. Je crois que j'ai trouvé comment j'aime les musées, petits, vivants, accessibles et surtout sans touriste. Là aussi, nous avons eu la chance d'être accompagnés par un homme qui aime son métier d'agent de sécurité au-delà de la sécurité et sait raconter les histoires des oeuvres. Ce monsieur nous a suivi, nous a expliqué certaines choses, nous a raconté "son" musée et le bonheur qu'il a d'être chaque jour au milieu de ces joyaux.

- Mon point de vue : de l'art, des "connus", une ambiance vouée au beau. Voir du Modigliani et du Henri Rousseau à mettre le nez dessus c'est extraordinaire. Garder en flash visuel un petit masque de Picasso, c'est au-delà du descriptible.
- Le point de vue de l'homme : "Pour le masque, sérieux, ton père aurait fait mieux"... (j'en aurais pleuré d'émotion). "C'est beau mais on dirait du dessin de maternelle" (à propos d'un Matisse...) "Ah ça j'aime bien" (les vases monumentaux de Jean Dunand)
- Le point de vue de l'agent de sécurité : "Des visiteurs comme vous me réconcilient avec les touristes".

Alors oui, nous avons ri, beaucoup, mais avant tout nous avons été touché par la grâce de ces artistes qui amènent le rêve dans le quotidien des hommes.

* La comtesse Greffulhe faisait travailler d'illustres couturiers (Worth, Lanvin etc) mais aussi quelques inconnus dont les créations sont estampillées "Non griffé". Mon mari, l'air penaud vient me demander ce que veut dire "Non griffé" alors que j'étais prise d''émotion devant une robeLanvin en perles de jais et Chantilly noire. Je cherche mes mots et du coup me dirige vers une estrade présentant du "Griffé" et du "Non Griffé", en me lançant dans un début d'explication alors que se trouve à quelques pas une dame très parisienne (blonde, élégante, d'une petite quarantaine). Mon mari m'interrompt et me dit "Parce que bon s'il faut juste lui mettre un coup de griffe je peux faire ça et hop " le tout accompagné d'un mouvement de la main doigts recourbés imitant la griffe d'un gros chat. La jolie blonde part dans un fou-rire tout en retenu mais qui s'amplifie de pas en pas à mesure qu'elle se dirige vers une autre estrade. Le mien de fou-rire n'a pas tardé et mon homme était content de sa journée. Comme quoi, il nous en faut peu pour passer un bon moment et donner du plaisir aux gens.

mercredi 14 octobre 2015

L'aventure (suite)...

... Mes compétences ?

Comment dire que mes compétences  se limitent à des petites pièces faites en deux heures ou à peine plus ou alors à des pièces pas finies (le manteau rose par exemple). Rien qui ne puisse aider selon moi.

Mais Pascale insiste, alors j'y vais.

La réunion était quand même un gros bazar, une petite dizaine de couturières dont les plus aguerries avaient fait des cousins... Je comprenais mieux la demande de ma copine.


Le travail à faire se révèle assez conséquent :

Pour les guides "Femmes"

12 manteaux de robe

12 capes - doublées avec capuche

























Et 12 jupons pour accompagner le tout.

Pour les guides "Hommes"

Afficher l'image d'origine
12 livrées avec pantalon


12 capes hommes double mantelet

Et les costumes des Pages (enfants) - pas de photo parce qu'on n'a pas encore statué sur le genre.

Là, sérieux, faut pas se louper, parce que parmi les Pages il y a Peau d'Ane. Oui, voilà, il y a Peau d'Ane. Peau d'Ane qui rappelle toi, voulais puis ne voulais plus y aller. En fait, elle ne voulait pas jouer les Cendrillons, parce que trop gnagnagna. Mais Page ça, elle veut bien. 

En vrai, dimanche il fallait allait prendre les mesures des figurants (Guides, figurant tableaux vivants etc) Elle m'a accompagnée et m'a filé un coup de main. Il se trouve qu'il manquait un Page dans la liste. Alors elle s'est proposé, le régisseur a dit "oui" et était bien content de la trouver. Elle, elle était bien contente d'y être et moi je me suis dit que finalement ma fille était bien la girouette de fille de sa mère.

Donc des robes, des capes, des jupons, des capes, des vestes, des pantalons, des gilets.

Je ne suis pas autorisée à montrer les photos, pas pour l'instant, mais promis t'auras ça dés que possible.





mardi 13 octobre 2015

L'aventure...

Pour certains c'est d'aller chercher le pain un samedi 15h en traversant en dehors des clous, pour d'autres c'est de regarder Les Feux de l'Amour sous-titré en Coréen, ou alors de partir avec sa b... et son couteau au fin fond de l'Alaska à moins d'embarquer avec ses 6 enfants sur voilier pour faire le tour des océans.

Pour moi c'est d'avoir des parents qui m'ont donné suffisamment d'inconscience pour dire "oui" à des projets totalement fous. Tu sais le truc où tu dis "oui" en sachant que ça va te prendre du temps, de l'énergie, t'empêcher de dormir le tout sans avoir la moindre idée d'où tu vas et de comment ça va se passer.

Je suis proprement incapable de résister à ce genre de choses. Parce que je trouve ça rigolo, parce que je suis certaine d'y trouver mon content de bonheurs, de bonne humeur, de gens sympas, d'aventure et de rebondissements. Et moi, ma vie je l'aime quand elle est pleine d'inconnu(e)(s).

Et là, je suis servie.

Alors non je ne suis ni au fin fond de l'Alaska, ni sur un voilier (rappelle toi j'ai le mal de mer sur un ponton), ni même à aller chercher le pain (euh, ça doit bien faire un bail que je ne vais plus chercher le pain) non là faut que je te raconte par le menu, ou le détail comme tu veux.

Tu sais que je n'habite pas loin de là :

Château de Maintenon
et je les suis sur cette page là : Château de Maintenon

En juin dernier, le Château fait paraître une annonce pour un spectacle qui doit voir le jour à Noël 2015. Ils recherchaient moults figurants, petites mains, techniciens, couturiers, costumiers, cuisiniers etc.  J'ai envoyé mon inscription en me disant qu'au pire j'allais coudre des tabliers et deux chapeaux, au mieux un costume pour ma fille qui serait une jolie Cendrillon.

En juillet, j'en parle à ma copine Pascale : O Fil de l'Histoire , rencontrée sur le net à la faveur d'un groupe de couturière. Et parce que j'avais eu un des régisseurs en ligne, je lui parle de Pascale, qui avait fait un travail fabuleux au Château de Breteuil avec une magnifique mise en scène mais surtout la possibilité d'avoir des costumes déjà faits.

En août réunion d'information, où je me rends avec Peau d'Ane. Et vlà que ma future Cendrillon pour laquelle je projetais un costume de toute beauté se décompose au fur et à mesure de l'annonce des réjouissances. 3 jours de spectacle, 3 équipes de 150 bénévoles, 6 000 visiteurs attendues. Elle profite d'un moment de off pour me glisser, "nonnonnon je veux plus y aller, j'ai plus envie".

J'ai cru défaillir. Elle ne voulait plus, alors qu'elle m'avait fait jouer des pieds et des mains pour la rajouter à la liste des figurants. J'étais déçue et un peu en colère, parce que je ne me voyais pas coudre des rideaux pour occulter les pièces. Moi je voulais lui coudre un costume de Cendrillon ! (des fois j'ai 3 ans).

Le lendemain ma copine Pascale me dit qu'elle a besoin de moi, vraiment, parce qu'il n'y a pas de tablier à coudre, mais des costumes, beaucoup, des pièces uniques aussi, à partir des tableaux, et des rideaux. Mais que sur la liste des bénévoles, il manque surtout des compétences.

(suite au prochain épisode)




dimanche 12 avril 2015

Sur la lune avec des palmes...

Vous vous souvenez de ça : Aller sur la lune en palmes avec l'édit à la fin ?

Alors voilà, je suis revenue de la Lune.

 Avec mes palmes, ma veste de cosmonaute, mon cadran magique.
Les palmes - elles ont souffert !
L'indispensable !
Le cadran magique













Et surtout ma "Superteam" ! Peau d'Ane en relayeuse de compétition, son père qui avait un poste de signaleur aux petits oignons et un pote qui était venu compléter la team.
 
J'avoue, j'ai été ABSOLUMENT EXÉCRABLE à partir de jeudi. Déjà qu'à la base je ne suis moyennement bien lunée, là ça a été une descente en règle. Circonstance atténuante (enfin non mais bon...) l'homme, qui avait prévu de faire la course avec moi, n'a pas décroché le sésame. Out le certificat médical. Et sans lui, pas de course. Et j'ai été déçue, déçue. Ca m'a mis le moral en vrac, parce que je ne voyais pas comment j'allais y arriver sans lui. Il a choisi l'option "signaleur" parmi les bénévoles, mais je n'arrivais pas à m'en satisfaire. Je le voulais avec moi, et voilà qu'il allait s'occuper des 2 499 autres !

Et puis j'ai eu la très très mauvaise idée de me pencher sur le parcours, puis d'enchainer 2 sorties de 7 km, ou ni à l'une ni à l'autre je n'ai réussi à descendre en dessous de l'heure. Sérieux, même en marchant je vais plus vite je crois bien !

Ca plus un mail qui m'annonce que l'arrivée est prévue entre 21h05 et 21h40 (soit 25 mn et 60 mn après le départ) et boum, jeudi, je leur ai fait le Festival des Horreurs. Je n'allais pas y aller, j'étais trop nulle, en une heure j'en aurais fait la moitié, c'était même pas la peine que j'y aille, j'allais être disqualifiée, et autres atrocités.

Vendredi matin, c'était clair, je ne courais plus. Mais c'était sans compter sur les "Zouailles". Caroline qui me dit "bon, t'es la première, alors t'y vas et tu finis. Et si tu finis, ben je serais bien  obligée de finir aussi." Caroline, avec son marathon de Paris...

Donc, paf, remontée dans les tours, ressortir le sac et y aller. Mon mari devenait chèvre.

Finalement, j'ai pris le sac, mis les fringues et la frontale. Tu connais le cyclope ?


Et à 21h45, c'était parti !

Trop vite, beaucoup trop vite, je me suis "cuite" à pas deux bornes du départ ! Heureusement qu'un super rétrécissement a permis que je rejoigne le groupe et que je récupère un peu. Bon ok, je ne savais pas qu'on attaquait la vieille ville et qu'on était parti pour 160 mètres de dénivelé+

Tu veux une petite idée de ce qu'on a monté plusieurs fois :





Et la serpente des jardins de l'Evéché aussi... (d'ailleurs à ce moment là, j'ai presque regretté les escaliers, c'est dire ! Je n'en voyais pas le bout)

 Pierre-Yves Beaudouin
Faut savoir qu'on a fait tout ça de nuit, vraiment de nuit, éclairé par les illuminations de bâtiments (et dans la serpente, par des torches, c'était magique !)

De nuit, Chartres, ça peut donner ça :

Médiathèque - Echo Républicain

Cathédrale - Echo Républicain


Même quand t'as le nez sur tes pompes, tu arrives à t’exclamer.

Donc j'atteins le point de ravito où se trouve Peau d'Ane, l'homme et le pote. J'avais juste envie de pleurer, je m'étais faite doubler par des machines à courir, qui eux faisaient le 16 km en une heure. Ca faisait "stack / stack / stack" derrière moi, sans la moindre respiration, le moindre essoufflement, alors que moi, j'étais moitié morte à pas mi-chemin ! Non j'allais m'arrêter, j'avais fait ce que j'avais pu, je n'en pouvais plus.

Ma fille me tend mon eau, et me dit "allez maman, t'es la plus forte, tu vas y arriver"...

Mon homme me voit, tourne le regard vers une autre femme, encore plus en peine que moi, et me dit "finis avec elle, elle a besoin d'encouragements, ça sera pour l'honneur".

Comment veux-tu que je résiste hein ? Plus les Zouailles qui se préparaient pour faire 42 bornes et moi pas fichue d'en faire 7 ?! Alors j'ai rattrapé la dame, je lui ai dit "on fini ensemble, on sera les dernières, mais au moins on aura fini non ?" Elle s'arrête de pleurer, me dit oui et on repart. Sur le trajet elle me dit "j'allais m'arrêter comme vous, parce que vous aviez été devant moi tout le temps, je voyais votre petite lumière sur votre veste, et je me disais, allez, elle est là la petite lumière, alors je continue encore un peu". Je t'ai dis que des fois t'as pas besoin de grand chose pour te mettre à chialer ?

Alors j'ai respiré un grand coup, j'ai rassemblé les Zouailles dans ma tête, senti la photo dans ma poche, et puis j'ai dit "viens, on va mater du cul bien foutu, quitte à être les dernières autant qu'on en profite un peu".

On a maté, on a souffert (elle bien plus que moi, parce qu'au final à part une petite pente de rien du tout, j'aurais pu finir en courant tout du long les 3 dernières bornes, mais je l'ai attendu, j'aurais eu trop honte si je l'avais en plus, larguée au milieu du bazar). 

Et on est arrivé, en une heure. Pas vraiment comme des fleurs mais on l'a fait.

Après, ma Peau d'Ane qui avait passé son temps à me pointer dans tous les accès possibles, m'a retrouvée à l'arrivée, avec sa petite bouteille d'eau et un "Tu sais Maman que vraiment t'es la plus forte du monde ?"

Bon là, j'avoue, ça m'a achevée, j'ai pleuré, j'ai appelé ma mère, j'ai sortie la photo toute froissée de ma poche, et j'ai dit "Bon anniversaire Papa" !



C'était mon premier trail urbain, ça ne sera pas le dernier. Maintenant, si les copines veulent bien me dire si on se fait la course de Versailles, moi je suis au taquet !

jeudi 15 novembre 2012

De saison...

Du brouillard, dehors, dedans aussi. C'est bien la première fois que l'automne ne me convient pas.

Anne demandait de raconter la première fois dans la belle-famille, et là vraiment je m'interroge. Comment me souvenir d'un truc pareil, aussi vieux... Je dois faire obstruction, mais pas moyen de remettre des images et des mots sur ces premières rencontres (ben oui, moi j'ai deux belle-famille à mon actif, l'ex et l'actuelle).

Pour l'ex, c'est black out total. J'avais 20 ans, pas vraiment la tête sur les épaules, eux d'un autre milieu que le mien, et ils venaient de laisser la maison de vacances à leur fils (que j'avais rencontré deux heures auparavant, donc hein oups, dommage, j'ai raté les parents). Je crois les avoir revus une bonne année après, peut-être. Mais la première rencontre ne m'a pas laissé de  souvenirs impérissables; Mis à part la couleur du papier peint du salon, de grosses fleurs mauves et jaunes absolument partout. Des discussions, des réflexions, non rien du tout.

Pour l'actuelle, les apriori étaient légions ! D'un côté comme de l'autre d'ailleurs. Forcément, rencontrer la maitresse de son fils, maitresse mariée et chargée d'enfants de surcroit, ce n'était pas facile facile pour belle-maman. Il faut dire que oui, le cas était complexe. Nous étions "ensemble" mais pas "ensemble" vu que je n'avais pas tout à fait quitté le domicile conjugal (c'était en cours). Et que nous n'avions aucune idée, mais vraiment aucune idée de ce que nous attendions l'un de l'autre.

Bref, situation compliquée, autant pour lui que pour moi, autant pour eux que pour moi.

Je savais une chose, que je n'allais pas me laisser "embobiner", j'avais trop souffert avec l'ex-beau-père qui voulait me faire rentrer dans son cadre, là, d'entrée de jeu, pas question de me laisser marcher sur les pieds ou de courber le dos.

Elle, belle-maman, rêvait d'une jeune fille, vierge, catho, bien polie, bien lisse, bien gentille pour son fils chéri. Soit, voeux légitimes, sauf que le fils en question avait tout de même 35 ans, quelques années de veuvage derrière lui, et une première compagne qui ne rentrait déjà pas vraiment dans le schéma.

Nous nous sommes rencontrés dans leur maison de vacances, en Normandie, où j'avais expressément refusé de passer les 2 nuits que nous avions de disponible.  Nous avons donc rejoint, l'homme et moi, une famille complète, sur la plage. Belle-maman, Beau-papa, beau-frère, belle-soeur et leurs 3 enfants.

Petite femme, cheveux blancs, dynamique, et bavarde. Grand homme, cheveux très blancs, discret et réservé.

Le déjeuner a été "mouvementé", j'ai tout de suite vue que je ne rentrais pas dans les bons critères, pas un mot sur mes enfants - alors qu'elles savaient - pas un mot sur moi, rien, que dalle. Elles deux, en avant, moi exclue. Mais ça ne m'a pas gênait outre mesure, la chose n'était pas simple. Les hommes entre eux. Comme il était d'usage. J'ai tenté de donner un coup de main, ne serait-ce que pour mettre le couvert, je me suis faite rembarrer, du genre "non non c'est bon, nous on a l'habitude" (euh, oui, en fait moi aussi j'arrive à poser une assiette sur une nappe je crois ?)

La "vraie" rencontre, l'officielle, celle qui venait débuter notre début de vie commune, a eu lieu quelques mois plus tard. Chez eux, en ville. Idem, beau-frère et tutti quanti. Et là, rebelote, être polie, donner la main, rien, mur. Alors j'ai décidé de ne pas lever mes fesses de mon siège. Beau-papa devait me trouver à son goût, puisqu'il m'a fait asseoir à ses côtés, et moi j'ai trouvé ses vins délicieux. Nous avons parlé tout le repas de cépages, de cuvées, de terrain, de vendanges, d'exposition au soleil, de mis en bouteille, de préférences œnologiques.

J'ai su, par l'homme, que belle-maman m'en voulait beaucoup de ne pas être comme elle le voulait, de ne pas vouloir qu'elle continue de faire le ménage et le linge de son fils, de ne pas vouloir la voir débarquer à n'importe quelle heure du jour, de la semaine, sans me demander mon avis, de refuser qu'elle trie mon linge et les placards selon son bon vouloir.

J'ai fini par mettre les pieds dans le plat, la coincer entre quatre yeux. Et lui dire le plus gentiment possible, que j'avais 35 ans, 2 enfants et déjà une mère. Que je trouvais généreux qu'elle veuille nous aider, mais que j'étais parfaitement capable de m'occuper seule de notre maison. Ce à quoi elle a rétorqué, "oui mais je le fais chez G. je dois faire pareil chez N." Je lui ai répondu que N. n'était pas G. Que moi je n'étais pas ma belle-soeur. Que je ne sacrifierais pas mes week-ends à aller déjeuner tous les dimanches chez eux, mais que je n'empêchais pas mon mari d'y aller. Qu'il était parfaitement libre d'aller et de venir, et que non et encore non, je ne les détestais pas. Mais que nous n'avions ni elle ni moi la même vision des choses, et qu'il allait falloir faire avec, à défaut de s'entendre.

Elle a du voir qu'effectivement, ça ne le ferait pas, qu'elle ne pourrait pas avoir la main mise sur moi, comme elle pouvait l'avoir sur son autre-belle fille. Et que ça n'avait rien à voir avec du manque de respect.

Beau-papa me prend toujours à sa gauche pour les repas de famille. Belle-maman ne m'interdit plus l'accès à la cuisine et même me laisse faire la vaisselle :-)

samedi 13 octobre 2012

La Première fois...

Anne, nous a lancé un "défi" : raconter nos premières fois. Nos premières de tout, d'envies, de grandes, de petites, de racontables, de moins racontables... Bref, nos "Première fois !"

Cette semaine c'est : "Première fois à l'école", et comme Anne, à l'école j'en ai plein de premières fois :

- la première rentrée en tant qu'élève
- la première rentrée en tant que prof
- la première en tant que parents aussi
- la première en tant que représentant des parents d'élèves (et le premier conseil d'administration au collège ! )

Bref, j'ai vécu ces quatre "premières fois"

Je vais donc vous conter la première "Première fois", celle qui m'a vue arriver, tablier et cartable, celle dont je me souvienne quasi comme on se souvient d'un rêve, un truc un peu flou, en sépia, sans vraiment savoir si c'était la réalité ou pas.

Ma première rentrée, j'avais deux ans et demi. Je suis née mi-juillet 1966, je suis rentrée à l'école en janvier 1969. Je suis incapable de me souvenir du temps, s'il faisait froid ou pas, ni même comment j'étais habillée. Je me souviens du bâtiment et du couloir, de ma classe tout au fond à droite. Et de ces petites tables. Toutes petites, et rondes.

On nous a fait asseoir, à 4 ou 6, et on a posé devant nous, des feuilles où était imprimé, soit un ours, soit une pomme, qu'il fallait colorier. Je voulais la pomme, j'ai eu l'ours. Alors j'ai pris un crayon marron, qui ne me plaisait pas, et j'ai "gribouillé", parce que je ne voulais pas de ce fichu ours. Il était moche et moi je voulais la pomme.

Après je ne sais plus, juste que j'ai ressenti de la frustration, et un certain malaise. Un peu de colère aussi.

Mais cet ours, je n'en voulais pas moi !

Je n'ai pas retrouvé de photos de cette époque, alors je vous en met une autre, j'avais 9 ans, et comme vous pouvez le constater, mes 15 premières années de classes se sont déroulées dans un établissement privé. Un vrai, un de ceux, où l'on apprenait la révérence, à manger la bouche fermée, à se lever quand un professeur ou une soeur arrivait dans la classe. Un établissement où l'on avait messe et confession une fois par semaine, sans parler de la présence quasi obligatoire à la messe du dimanche, à l'église en face de l'école.

J'y ai reçu toute mon éducation religieuse, mais aussi sociale, et cet enseignement suranné qui font qu'aujourd'hui, mes dîners se font rarement sans préséance.  Pour le reste, j'y ai fait mes 400 coups aussi, faut pas croire !.


Alors, où suis-je   ?