J'aimerais être sur le rebord d'un bateau, dos à la mer et d'un coup basculer, me laisser couler tout au fond, et surtout ne pas remonter ! Je tiens un jour, puis un autre, puis un de plus pour finalement être saisie aux chevilles par une nouvelle de plus, un emmerdement de plus, un crétin de plus.
Tour à tour depuis quelques semaines, l'ex, les enfants, le boulot, puis de nouveau l'ex, les enfants, le boulot. Je m'enfonce, un peu plus, tous les jours.
Un peu plus à me dire que jamais je n'en verrai le bout. Je tiens cet enfant à bout de bras pour ne pas qu'il sombre et aujourd'hui je viens de me faire entendre qu'il n'est pas assez "frustré" à la maison, que s'il n'avance pas c'est parce qu'il a tout ce qu'il veut et qu'il n'a pas à aller chercher les choses. Qu'en gros, mon fils cadet est immature parce que je l'infantilise. Ben voyons ! "Il fait le "benêt" à longueur de temps et c'est fatiguant, vous comprenenez. Trois heures par semaine à le voir s'agiter comme ça, sous mon nez" et moi hein, moi c'est juste 3 heures par jour que je l'ai dans cet état ! Et non je ne l'infantilise pas ! Non non et encore non !
Ils le prennent en 4e -parce que redoubler ça coûte trop cher et que ça ne lui servirait à rien... mais "vous savez, il ne faut pas compter qu'il passera en seconde, déjà s'il a son brevet !" "Eh ducon Il veut être tailleur de pierres ou maçon, ou paysagiste, il vous l'a écrit LA sur sa feuille de souhaits !" "Ah c'est mieux pour lui en effet" avec l'air condescendant du prof de français qui n'a jamais soulevé un marteau de sa vie ! Et de rajouter 'la seule solution pour lui serait qu'il se prenne une grande claque de la part de la vie, ça le remettrait sur les rails"... Il n'en a pas assez pris hein ce gosse, de baffes ! Un père violent et manipulateur, des parents qui divorcent, une mère qui refait sa vie sans lui demander son avis, une arrière-grand mère qu'il perd alors que c'était son seul pillier, un grand-père qui ne le reconnait pas à cause de ce foutu Alzheimer, un autre en stade terminal d'un cancer et il n'a pas assez pris de claques de la part de la vie ! Il lui faut quoi de plus ?!
Je fais quoi moi pour que mon fils ait envie d'apprendre ce qu'on lui demande d'ingurgiter à longeur de trimestre ? Je fais quoi ?! Quelqu'un peut me dire ? Je cherche depuis 3 ans une solution pour que sa vie soit belle et depuis 3 ans j'ai l'impression d'étouffer. Personne n'écoute, ni lui, ni moi. Ni l'école, ni son père, ni les psy qui me disent qu'il va bien, qu'il n'a besoin de rien...
Lui ne m'écoute plus non plus, il ne comprend pas, ou ne veut pas comprendre qu'un jour il faudra bien grandir.
Ce soir face à ce prof de francais, que j'avais envie de claquer contre le mur en lui disant que moi je faisais ma part, que c'était à lui de faire la sienne, je n'ai pu que me lever en disant "alors on l'envoie dans le mur cet enfant, en croisant les doigts pour que ça ne soit pas trop douleureux ?!"
Et en sortant j'ai pensé à cette séquence du "Grand Bleu", où l'on voit cet homme plonger, rester entre deux eaux puis finir par plonger de nouveau, emporté dans cet infini sans son, sans image. Je l'ai envié cet homme de pouvoir tout abandonner à la surface.
J'aurais voulu moi aussi d'un coup disparaître pour ne plus me sentir aussi inutile, pour ne plus avoir collé à l'âme l'impuissance à remonter mon fils à la surface. Il y a des mères qui se battent pour bien pire que mon loulou, des mères qui font face, un peu plus chaque jour. Je les envie aussi d'avoir ce courage là.
Y a des profs qui en tiennent une sacre couche quand meme...
RépondreSupprimerMon frere aussi etait voue a "tenir un marteau", il a galere, baisse les bras, pis un jour il s'est reprit en main, a reprit ses etudes et fait ce qu'il aime...
Bon courage et remonte a la surface, quitte a se noyer autant ne pas le faire toute seule et certainement pas dans l'eau!!!
Ce soir c'est fête de l'eau part chez moi, ça tombe bien. J'avoue que oui j'ai la tête qui part en vrille, que je voudrais ne plus penser à rien.
RépondreSupprimerAlors j'attendrais que la nuit fasse ou pas son effet. Et je reprendrais le collier.
Je t'ai envoyé mon adresse sur ton e-mail pseudo. Comme ça, la bouteille tu viendras la partager avec moi.
Elle est très dure, cette fin d'année scolaire, je trouve... ça n'est donc pas uniquement chez moi... Il a besoin de temps ton bonhomme... et si dans le collège ils ont une option DP3 en 3è, inscrit-le, ça l'aérera. En attendant, ben il pourra prendre le temps de redoubler sa 4è pour "maturer". Pourquoi n'ont-ils pas mis en place un PAI ?! Ils ont donné des raisons ?
RépondreSupprimerOui, il y a parfois des enseignants bornés, avec plein d'idées toutes faites et des gros bouts de préjugés dedans. Tu fais ta part, ton gamin a la sienne a faire également, il y a des choses que tu ne peux pas faire à sa place, il en est conscient... Prends du recul (je dis ça je dis rien, c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité!)laisse-lui peut être du temps, le temps de se trouver lui-même ,de trouver son rythme avant de pouvoir suivre le rythme des autres. Des opportunités il en aura, des voies professionnelles aussi. Et insiste pour un PAI dès la rentrée, et pourquoi pas faire un contrat avec lui... Et le féliciter pour ce qu'il réussit. Tu ne peux pas être responsable de tout, tu ne peux pas tout réparer, il faut te préserver toi aussi pour être efficace, pour lui et pour les autres.
Mon Zébulon (mon numéro 3) est pareil, en 6ème. J'ai arrêté de m'arracher les cheveux pour ne pas y laisser ma santé à le porter depuis le CP... De toutes façons c'est l'ainé qui a nécessité toute notre attention... on ne peut pas être au four et au moulin, on fait comme on peut. Pas de miracles, juste du mieux qu'on peut.
Coucou toi!
RépondreSupprimerAlors... les 3 enfants de mon ex-belle-soeur (qui est restée mon amie à travers tout), Gäël, Tristan et Thaïs, sont tous dyslexiques. L'aîné à 24 ans, Gaël 20 ans, Thaïs 12 ans.
Après avoir vécu des rencontres parents-professeurs à vous donner envie de vomir, Myriam a inscrit chacun de ses enfants à l'Ecole Montessori. Juste un an ou deux dans leur parcours respectif.
Gaël: a découvert que sa "lenteur" faisait partie de lui, sans honte, sans complexe. Il a retrouvé sa joie de vivre et une certaine confiance en lui. Il a ensuite intégré l'Institut Saint Luc à Tournai, une école d'art et d'architecture. Il n'a pas réussi ses examens, mais tant pis. Il ne sera pas très diplômé, mais tant pis. Il a aujourd'hui un job qu'il aime et une vie normale.
Tristan: n'a pas poursuivi ses études secondaires, n'a pas obtenu son BAC. Il n'y arrivait pas/plus... aujourd'hui, il travaille au contact des animaux. Il est heureux, sa vie lui convient parfaitement.
Thaïs: une enfants de 12 ans, avec une mentalité bien plus bien plus jeune (6-7ans). Une scolarité laborieuse. Elle avance à son rythme. Inutile de la culpabiliser ou la mettre sous pression. Ses parents sont fiers d'elle à chaque progrès. Nous savons qu'elle ne fera pas Sciences Po. Et après??????
Ce ne sont que des exemples parmi mes proches.
Exemples éloignés de la situation de ton fils, mais je tenais à... relativiser...
-Ton enfant a des qualités, des particularités.
-Il n'est pas totalement en phase avec la scolarité classique et formatée... OK
-Tous les profs ne sont pas des imbéciles, tu es juste gâtée par l'échantillon un peu absurde que tu cotoies.
... Ecoute ton coeur et ton enfant.
Et ne te laisse pas déstabiliser !
Myriam a tenu tête "au monde entier" pendant toute la scolarité de ses 2 fils.
Pour sa fille, elle était bien au point! :)
Pas facile... mais tu sais, être un peu différent, ça n'empêche pas un enfant de devenir un adulte heureux, d'un bonheur à sa mesure.
Bon courage !
Bisous,
Manderley
Pardon pour l'orthographe, suis fatiguée :)
RépondreSupprimerBiz
Manderley
Merci à vous toutes !
RépondreSupprimerJ'avais fait un long com qui a été squizzé. Mais je voulais vous remercier pour tout.
Les conseils, le soutien, la déculpabilisation.
Merci !