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vendredi 26 février 2010

Le bonze... la nécessité

Durant 14 ans, les douleurs, physique et morale, m'ont "laissée tranquille". Enfin suffisamment pour que je fasse avec jusqu'à fin 2008, là, mon dos commence à me chatouiller un peu, le bras gauche s'alourdit, la nuque se raidit, le repos n'y change pas grand chose, ni même trois visites chez un "vrai" ostéopathe, médecin et tout et tout, remboursé par la sécu ! Qui me diagnostique de vagues contractures musculaires et un petit "déséquilibre" entre la ligne des deux omoplates.

Début 2009, c'est de pire en pire, le matin mon dos est bloqué, verrouillé, mon bras totalement engourdi, j'ai un point sous l'omoplate, comme si on appuyait en continue, au départ ça chatouille, puis ça gêne, pour devenir parfaitement insupportable. Aspirine, anti-inflamatoire, rien n'y fait. Le généraliste ne trouve rien de "spécial" mis à part me dire "ah mais si votre maman a de l'arthrose, ne cherchez pas, c'est ça". Soit va pour l'artrhose, qu'il ne peut pas traiter, parce que bon, voilà on n'en est pas sûr et puis surtout il n'y a rien à la radio.

En février 09, gros coup de flippe, je me réveille en pleine nuit, tordue par une douleur vive, aigüe, paralysant ma nuque, mon bras, m'empêchant de respirer correctement. Le matin, pas moyen d'aller au bureau, un médecin remplaçant m'envoie faire une radio des poumons, la douleur est trop forte, elle l'inquiète, et sans vraiment me dire les choses, craint un pneumo-thorax. En plus de la radio, il me faut aller au labo, vite, très vite pour une analyse d'un marqueur spécifique. Je m'exécute, le matin le labo, l'après-midi la radio. La radio est nickel, j'ai des poumons de jeune fille ! Un message sur mon gsm me demande de joindre mon médecin de toute urgence...

Et là les choses s'enchainent, il ne faut pas que je reste seule, il me faut rejoindre les urgences, elle y faxe le résultat de mon analyse. Vous m'imaginez aisément, flippant comme une dingue, toute seule dans ma voiture : un cancer, une crise cardiaque, je vais mourir !!!!!!!!!! L'Homme reprend les choses en main, il m'accompagne aux urgences, part déposer notre fille chez ses grands-parents et revient me rejoindre.

Là il me retrouve blindée de tuyaux, un vrai cas de série télé, "nfs, chimio, gaz du sang..." une infirmière rate les gaz du sang une première fois et je vous assure que c'est douloureux ; quand l'interne s'y colle je lui conseille, avec toute la diplomatie dont je suis capable sur l'instant, de faire méga gaffe s'il ne veut pas prendre ma main en travers de la tête. Il y met du sien le pépère et ça le fait. Electro est normal, les radios (refaites hein, parce que bon celles que j'avais dans la voiture ne suffisaient pas) aussi et même l'échographie des membres inférieurs (je commence à avoir une petite idée de ce qu'on me soupçonne et je flippe), reste qu'on n'a pas les résultats du labo, faut 5 heures mini, et là, faut aller réveiller le biologiste de garde qui s'est barré à 18 h... Il est 22 h, le chef de clinique vient me voir, à sa tête, j'ai l'impression que les nouvelles ne sont pas réjouissantes.

Bingo, j'ai gagné, même s'il n'a pas confirmation du labo, il ne veut prendre aucun risque "Vous comprenez on est tous passé à côté d'une embolie pulmonaire, et personne n'a envie de revivre ça, surtout à votre âge, et puis vous avez 3 enfants..." Une quoi ??? "Embolie pulmonaire, un caillot..." "Oui c'est bon, je sais ce que c'est, ma mère a fait 33 ans d'EEG" Cherettendre assiste à l'échange verbal pingpongueste entre le chef et moi, comprenant vaguement que oui, là c'est la merde. Le chef conseillant une hospitalisation pour me mettre sous Aérius en vue d'une angioscopie. Aérius, un anti-allergique, parce que mon dossier dit "terrain allergique propice à l'oedème de Quinck"... Ah mince je suis aussi allergirque à l'anti-allergique, et aussi à la péniciline, aux céphalosporines et pour ne pas être en reste à la povidone aussi.... On va y passer un moment avant de me "désensibiliser". Je refuse, chéri dit "euh, non, tu restes", et je finis par dire "mais bon sang, quand est-ce que vous allez écouter que j'ai la nuque bloquée, que je dois avoir le plus gros torticolis de toute la terre, et que j'ai mal depuis quasi 24 h sans qu'on m'ai filé le moindre truc pour au moins soulager la douleur ?" Ben en tout cas, à 23 h 30 ce soir là, tout le monde s'en tapait le chavrou de mon torticolis !

Je reste donc : une infirmière, une aide soignante parfaites de gentillesse, de dédramatisation, de réconfort passent chacune leur tour à mon chevet, même si à côté des cas bien plus graves que le mien sont accueillis toute la nuit. J'ai toujours mal et personne ne me donne rien...

A 6 h 30 changement d'équipe, et j'entends dans le couloir une voix que je connais un peu D. Djo ! Un médecin du sport que Môssieurl'ainé fréquente de par son  option au bac. Lui mon torticolis, il ne devrait pas le prendre pour une embolie pulmonaire ou un pneumothorax ! Il fini par arriver, par m'expliquer, que oui les résultats du labo ont levé l'embolie (cette gourdasse de médecin envoie un marqueur à 115 au lieu de 1.15) mais que quand même l'angioscopie est programmée et c'est mieux si on la fait. Je finis par craquer, j'en ai marre qu'on n'écoute pas ce que je dis depuis plus de 24 h ! J'ai un torticolis ! Je le sais depuis la veille, depuis que je l'ai dit à l'ôt gourde qui m'a dit "mais je n'entends pas votre poumon", forcément eh patate, la douleur m'empêche de me tenir droite et d'enlever mon pull ! Là, il commence à prendre ma douleur en compte, (elle s'est estompée mais elle est hyper présente malgré tout), mais il ne peut rien faire avant la fin de l'angio. On continue donc de creuser le trou de la sécu au tractopelle avec mon cas !

A mon retour - l'angio est négative à tout caillot comme prévu -  il est là, il m'attend, fait mettre un antalgique un puissant dans la perf, (autant qu'elle n'ai pas été posée pour rien), et à l'examen clinique (qui aurait du être fait depuis des lustres !), il m'annonce que oui, j'ai bien un torticolis "contractures aggravées du triangle musculaire supérieur gauche avec diffusion épigastrique", le torticolis des familles, le truc que tout le monde voit en première année, inratable, comme la varicelle !

Et là, il m'annonce : "outre les anti-douleurs, c'est kiné obligatoire dans deux semaines et pour au moins 10 séances, et un bon kiné encore ! Vous trouverez ?" "Ben j'ai pas le choix en même temps, donc je trouverais ! Dans les pages jaunes non?"

Et il se marre en signant mon bon de sortie... Moi moins, parce que les pages jaunes c'était pas une blague...

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