Pages

mardi 14 décembre 2010

Une place à offrir...

Juste besoin de poser, pour partager si vous le voulez bien, les difficultés que je rencontre avec mon cadet.

Un gosse mignon en soi, mais un peu perturbé, pas bien dans sa tête, pas bien dans sa peau, pas bien stable sur ses deux jambes. Le cul entre deux chaises quoi.

Pourquoi pas bien ? Sait pas, ni lui ni moi.

Depuis quand pas bien ? Depuis quelques années en sous-jacent, mais avec une nette apparition au passage à la garde alternée, passage qui correspond aussi à son entrée au collège, à la "découverte" que son père n'est pas forcément très stable lui non plus (18 mois de dépression bien sévère avec des réactions pas fûtes-fûtes), et le fait de partager sa vie avec les garçons de la compagne de son père -S. Non seulement sa vie, mais aussi sa scolarité, vu qu'un des deux garçons a passé un an dans sa classe. Et qu'a contrario de mon cadet, juste moyen, ce gamin-là est très bon élève.

Donc, pour le mien de grosses difficultés à se poser au bon endroit, à être "lui" quoi :  souvent aussi en comparaison, involontaire, avec son frère aîné (qui a décroché son bac avec mention et se retrouve major de promo en maths appliquées), et les enfants de S.

Peut-être y'a t-il d'autres choses, un peu de violence qui traîne (je crie beaucoup, enfin je criais beaucoup, et son père lui bon, non je ne vais rien dire, sinon je pleure), de la jalousie aussi (vis à vis de son frère, des enfants de S., de sa petite soeur), une place qu'il n'arrive pas à prendre en gros.

En posant les maux, je me rends compte du travail qu'il doit faire pour être "lui", et bien sûr que ça ne se fait pas sans mal. Sauf que là, il en souffre, sa scolarité en souffre, la famille en souffre. Et qu'il refuse de voir quelqu'un pour l'aider.

Du coup, c'est moi qui ai besoin d'aide... Comment l'aider lui, qui refuse la main tendue ? Je ne parle pas de la mienne, je suis pour aujourd'hui trop en colère (une deuxième exclusion, une moyenne même pas à 9 pour un premier trimestre, un avertissement en suspens, un conseil de discipline pas loin...) Je ne sais plus ni comment lui parler, ni comment lui faire comprendre qu'il souffre et que plus ça va aller, pire ça va être.

Je ne peux pas le retirer de chez son père, il aime aussi aller là-bas, (et puis j'ai déjà évoqué la chose avec l'ex, qui refuse lui aussi, d'admettre que le passage à la garde alternée a été un échec pour le cadet). Je ne veux pas non plus faire intervenir la justice (j'ai bien trop peur qu'on m'en retire la garde, et puis financièrement leur absence serait compliqué à gérer  - je sais c'est moche, mais sans la pension de l'ex, sans les allocs et sans les parts des impôts, on se retrouverait dans une grave merde)

Bref, si l'un, l'une de vous avez une idée pour que ce gosse aille mieux.

12 commentaires:

  1. Une question : en qui a-t-il confiance ? Un autre adulte, un compagnon, son frère ?
    Qui pourrais justement lui tendre la main...
    C'est dur d'être un deuxième. C'est dur d'être juste soi dans ces cas là. Probablement que ça se complique avec une recomposition familiale.
    Mais a-t-il seulement compris combien tu l'aimes ?
    S'enfermer dans sa chambre avec lui et sortir tout tous les deux de façon catharsique (?). Le serrer très fort dans tes bras en lui disant tout ce que tu penses...
    Se faire violence et ne pas crier.
    Je ne sais pas si je suis de bon conseil, mais je continue de chercher.

    En tout cas, je sens que tu souffres, surtout quand tu écris que c'est toi qui a besoin d'aide.

    RépondreSupprimer
  2. Mamanlit : je ne sais pas en qui il peut avoir confiance. Je ne le crois pas proche et sincère avec un autre adulte. Je veux dire qu'il a avec tous les adultes de notre entourage la même attitude, "non c'est pas moi qui est mangé le loup" - alors que la queue lui sort de la bouche et "oui oui j'ai compris" alors qu'il n'a pas écouté un traitre mot de ce qui s'est raconté... Sans oublier qu'il est capable de signer un contrat "d'honneur" avec sa grand-mère (en lui tirant des larmes) et de balancer le papier à la poubelle à peine ma mère dans la voiture...

    Il a mis fin au bout de 4 séances à voir une pédo-psychologue, parce que selon lui "elle m'embrouille la tête, elle n'écoute pas ce que j'ai à dire".

    Il sait qu'on l'aime (je le lui dit même dans les moments où j'ai plutôt envie de le claquer contre le mur) on passe du temps ensemble aussi, il sait aussi que je ferais tout pour lui sauf m'excuser et travailler à sa place. Par contre il sait que je le défendrais, que je le protégerais et que même si je l'engueule je ne le laisserai pas tomber. Il a déjà eu l'occasion de me voir faire (avec un gros débile de 15 ans qui le menaçait avec son chien pour lui piquer 3 gâteaux)

    Mais j'ai besoin d'aide c'est sûr ! Sortir rien qu'avec lui, pourquoi pas, à condition qu'il ne le prenne pas comme une fin de punition (parce que faut pas déconner, il est privé d'ordi et de télé en perso jusqu'à ce que son prof principal m'assure qu'il se comporte correctement en classe)

    RépondreSupprimer
  3. Mon amienaute, j'ai lu ton billet et me sens concernée par tes angoisses fortes de maman. En revanche, je ne vais pas me permettre d'écrire des conseils car très franchement, je ne voudrais pas dire de grosses bêtises. Je ne suis pas assez formée pour t'aider vraiment, de manière efficace je veux dire. Et puis parfois, avec les zados, on donne des conseils aux parents et c'est pire que mieux. Je sais qu'il faut être prudent. Un ado est très fragile, et sans le connaître, je n'ai pas la formation pour aider sans danger.
    - à part l'amour que tu lui portes et dont il doit être certain à 100%.
    - à part l'espoir qu'il s'entende bien avec ton Monsieur et que ce dernier soit aussi un pilier dans sa jeune vie (ça aide de bien s'entendre avec le beau-parent, ça stabilise pas mal).
    - à part le fait qu'il doit te savoir heureuse dans ta propre vie, ce qui lui offre une sorte de sécurité au nid (même s'il ne le montre pas).

    Après, ça devient complexe et au cas par cas...

    "On" dit (les bouquins), qu'il ne faut pas spécialement crier, mais rester cohérent. Punir sans haine ni trop de colère, juste punir pour ne pas laisser "passer".
    On dit aussi qu'il faut éviter de mettre son "ex" en cause (le père), d'en dire du mal... mieux vaut parfois ne pas en parler ou rester neutre (difficile), ou essayer d'en dire un peu de bien même quand on n'en a pas envie (les enfants sont sensibles à cela)...

    Bon courage ! (je crois qu'FD a plus de culture "ados" dans ce type de problèmatique).

    Manderley

    RépondreSupprimer
  4. Mandy : pour l'amour il est sûr, il s'entend assez bien avec mon amoureux, il me sait heureuse. J'essaye de punir sans haine, pour la colère je lui ai expliqué que oui j'étais plus déçue qu'en colère, et qu'il allait me falloir un peu de temps pour digérer les choses. Pour l'ex, je fais comme je peux, mais en dire du bien euh, nan là vraiment je peux pas. Il est vraiment trop débile l'ex. Il est trop dangereux et trop toxique. Alors j'en dis rien. J'ai l'air de faire ce que le bon sens recommande. Reste à savoir pourquoi ça marche pas.

    RépondreSupprimer
  5. J'ai pas du tout de solutions, encore moins de conseil...Juste une bonne grosse pensee pour toi ;)

    RépondreSupprimer
  6. Juste une petite question : après le collège, le jeune homme a envie de faire quoi ? Il a des projets ? Il aimerait faire un métier je crois... il veut passer au lycée ou envisage une autre structure directement ?
    Je demande cela parce qu'au moins, pour l'école, tu peux essayer de lui donner envie de stabiliser pour qu'il puisse faire ce dont il rêve dès que possible.
    Je connais un jeune homme (étudiant en patisserie et cuisinier), qui se fichait complètement du collège, mais qui a calmé le jeu pour réussir à passer en section CUISINE dans une école spéciale.
    Et pour la blague, ma fille a été exclue du collège 3 jours en 4ème pour avoir écrit une conversation de type MSN sur un papier qu'elle faisait circuler dans toute la classe. Le sujet de la conversation générale c'était : "la vieille chouette de prof d'SVT t'as vu comme elle est bien moche... etc...".
    J'ai été convoquée. J'ai lu le papier.
    J'ai pas été déçue !!!! :)))))

    Bises,
    Mandy

    RépondreSupprimer
  7. Je t'envoie vite les documents promis et tu pourras me téléphoner, malheureusement il faut qu'il ai 16 ans.... La crise d'adolescence est une période sacrément difficile, j'en garde de mauvais souvenirs, mais je crois qu'il faut tenir bon et être le parent qui pose des limites... N'y a-t-il pas vers chez toi une assos' qui organise des séjours pas trop chers pour des ados, où loin de la famille ils apprennennt à être responsable? courage, mais tiens bon la barre, il te surprendra un jour ton petit!!! (la période de Noël est peut-être une chance de remettre les pendules à zéro et pour lui d'essayer de repartir sur de nouvelles bases!). Je t'embrasse.

    RépondreSupprimer
  8. Merci mes cocottes. Tous vos petits mots, vos pensées, vos conseils, tout ça ça me permet de garder les pieds sur terre et de me dire qu'il finira bien par grandir un peu.

    Il veut être compagnon tailleur de pierre ou maçon, ou charpentier, bref, dans le bâtiment. Donc oui il a un projet, et ce projet ne tiendra pas le coup s'il continue sur cette lancée. Parce qu'il serait pris sur dossier et là le dossier, il est plutôt léger léger.

    Je croise les doigts, j'espère et je compte les jours où il se tient tranquille...

    Dany : merci, pour le soin que tu prends de lui trouver les meilleures chances.

    RépondreSupprimer
  9. la vache compagnon....quelle jolie voie !

    RépondreSupprimer
  10. Pfiou... Euh... d'abords, celui du milieu est la pire place qui soit...parait-il. En tous cas ça se vérifie chez nous. S'il ne veut plus d'un psy "en bonne et due forme", il existe depuis 2 ans Les maisons des adolescents, une dans chaque ville-préfecture. C'est un lieu d'écoute ado, avec ou sans les parents, composés de psy, de médecins scolaires, d'éduc de la PJJ etc. Je dis ça nous on connait bien chez nous, on est abonnés depuis leur création pour l'un ou pour l'autre. Vraiment top. Sinon, tu peux essayer aussi la sophrologie, pour le remettre en confiance ; ou un "thérapeute-coach" qui fait justement de reprise de confiance en soi (façon PNL, j'en ai un sous la main mais c'est ici). Il y a aussi l'infirmière de son collège, avec qui tu peux prendre rdv, la/le CPE aussi... l'un ou l'autre sauront poser des mots ou à défaut orienter, en tous cas, avoir un autre regard sur lui, distancié et pro.
    Il peut lui même décider d'aller moins fréquemment chez son père, s'il a 13 ans il peut faire un courrier au JAF, décider de n'y aller qu'à son rythme.
    Il est à la mauvaise place, il a le mauvais âge... garde-le à l'oeil, "poupougne-le", fais-le parler autant que possible, ne jamais juger.
    Moi non plus je ne peux pas être neutre vis à vis de l'ex devant les enfants, parce que le mien est objectivement un azimuté complet :-) "nocif", avait même dit un des psys des garçons.
    Déjà pour le (re)motiver tu peux faire les portes ouvertes des maisons des compagnons alentours. Il y en a une près de chez nous en charpente, le fils d'une amie y est passé il a adoré. Il est en quelle classe ? Il fait un stage en 3è, non ?
    Ce travail pour être lui, c'est le chemin de croix de la majorité des ados. Il te faut l'accompagner, veiller à "l'étayer"... Et c'est après coup qu'on se rend compte des petits progrès accomplis, du chemin parcouru. Courage... je comprends, je compatis... sur 5 enfants (je ne compte pas la grenouillette qui n'a que 5 ans) aucun n'a eu d'adolescence paisible, chacun a des "boulets" personnels qui l'entravent et parfois font carrément chuter. C'est une surveillance de chaque instant pour les parents. Mais on aperçoit des interstices de lumière, parfois, qui font dire que ouf, peut être que pour celui-ci le gros des l'inquiétude est passée...
    Il est super long mon com, désolée. Bises...

    RépondreSupprimer
  11. J'ai trouvé ça pour ton "bébé", je pense que tu as déjà les infos. C'est pas mal, tu dois pouvoir recevoir des docs si ça intéresse ton fils de les lire. Sinon le site est détaillé.

    INSTITUT EUROPEEN DE FORMATION
    COMPAGNONS du TOUR DE FRANCE
    Adresse  :2, rue  Léopold ALIXANT
    39330 - MOUCHARD
    FRANCE
    contact@iefctf.fr
    http://www.institutdescompagnons.fr/contact.php
    La vie à l’Institut
    « Une ambiance conviviale dans un cadre agréable »
    Situé dans le cadre accueillant de Mouchard dans le Jura, à 35 km de Besançon, l’Institut des Compagnons est tout au service de la formation professionnelle et humaine des élèves.
    Bises,
    Manderley
     
      

       

    RépondreSupprimer
  12. FD : j'ai déjà vu l'infirmière, mais pas la maison des ados, et ça je m'en occupe quand il fera jour (là pour l'instant neige, verglas, et faut que j'amène l'ainé à la gare pour qu'il puisse se rendre à son partiel)

    Manderley : Merci pour le site, j'avais pas cette info là.

    Pour les compagnons, on a une amie à Saumur, et une infirmière de l'hosto où j'étais m'a donné des noms et adresses de compagnons, son mari étant compagnon ferronier. Je pose ça dans l'escarcelle du père Noël. Et je vais "étayer" autant que possible !

    RépondreSupprimer