Cet article sera certainement sibyllin et décousu mais depuis quelques jours, mon entourage professionnel et amical me semble se perdre dans des conjonctures qui me dépassent.
Je fonctionne d'une manière assez simple : je déteste qu'on me chie dans les bottes. Si tant est qu'on me foute la paix et que l'on me respecte, on peut donc obtenir de moi à peu près tout ce qui puisse être raisonnable. Mais là, je me trouve face à des comportements dont je n'ai pas les codes.
Au boulot, une équipe, composée de mecs jeunes (moins de 35 ans) ayant l'air normaux, père de famille pour la moitié, l'autre moitié étant célibataire, vient de lâchement se liguer contre un jeune homme (30 ans) légèrement handicapé, pour le sortir, encore plus lâchement, du projet sur lequel il était depuis deux ans. La sonnette d'alarme avait été tirée par le responsable qualité depuis un moment, mais ourdir un tel complot alors qu'il suffisait d'être solidaires et d'exprimer le problème, me paraît être un comportement dérangeant. Je comprends la difficulté causée par le travail un peu lent parce que très minutieux du jeune homme mais je ne comprends pas la réaction d'équipe.
Dans la famille, un couple, marié, deux ados. Après une vente de bien immobilier ils se lancent dans un projet d'agrandissement, le mari cherche des solutions, les soumet, sa femme signe. Puis un jour, sans rien avoir laissé prévoir, dit, lors d'un déjeuner de famille : "j'ai signé sous la contrainte"... pourquoi avoir signé, alors qu'il était possible de dire "je vais réfléchir" ? Et surtout pourquoi balancer ça, à table, devant témoins ? Je conçois qu'on ne soit pas toujours d'accord, je ne comprends pas que les choses ne puissent se régler dans l'intimité.
Chez une amie, noyée sous le boulot, qui n'arrive plus à penser ni à avancer sur les projets en cours, et qui n'a qu'une hâte : que sa mission se termine. Ok sa cliente est barge, la vexer serait suicidaire, mais pourquoi cette dernière impose t-elle autant de mépris pour la personne qui travaille avec elle ? J'admets la possibilité d'être accro à son boulot, je ne comprends pas qu'on puisse ignorer que le reste des intervenants n'a pas forcément la volonté/capacité de bosser 15 h par jour.
Dans un autre cercle, une femme inscrite dans un forum, se voit victime de "harcélement" de la part d'un participant. Il n'a rien trouvé de mieux que le chantage affectif pour la voir souffrir puisqu'elle n'était pas dans un mode d'échange semblable au sien. J'imagine la virtualité de l'écrit, mais n'arrive absolument pas à comprendre que l'on ne puisse, une seule seconde oublier qu'en face il s'agit d'une vraie personne, et que jamais le comportement n'aurait pu être tel s'il avait du être publiquement assumé.
De ces exemples, je retiens une chose, "l'autre" n'existe plus comme une personne, mais comme un objet. Il n'est plus un humain, un membre de la famille, un être qui a besoin de la protection et du respect d'un cercle, il n'est qu'un vague personnage dont on peut manier la personnalité pour la faire rentrer dans la case que l'on souhaite lui voir occuper.
Où est passé le sens commun ? Où est passé cette faculté que nous avions à être des membres agissants dans le même mouvement ? Cherche t-on une catharsis dans cette nouvelle manière d'être ?
Je lis actuellement "Les enfants de la Terre" de J. Auel. C'est peut-être là, avec ces clans qui ne peuvent être sans interaction les uns sur les autres, avec ces personnages qui ne vivent qu'en groupe, mais qui isolés et forcés par la nature, déploient leur imaginaire pour ne pas sombrer, fait qu'aujourd'hui, je ne comprends pas qu'on puisse ne pas être vrai face à l'autre.
Est-ce demander la lune que de vouloir ne pas être pris pour un objet ? Est-ce si compliqué que de dire "je ne suis pas d'accord avec toi" ? Pourquoi agir sans sincérité, avec mépris pour le mieux, manipulation pour le pire ?
L'autre, cet autre que l'on côtoie, pourquoi ne pas le considérer comme un autre soi ? Pourquoi ne pas lui accorder le respect que l'on attend du reste de la communauté et contre lequel on se récrierait s'il n'était pas reçu en retour ?
J'ai aussi envie d'évoquer ma propre expérience, celle qui fait qu'aujourd'hui, sans chercher vengeance, je ne supporte plus que l'on me mente, que l'on me trompe, que l'on tente de me faire du mal d'une manière ou d'une autre, ou que l'on en fasse à mon entourage.
Je ne supporte plus l'injustice, la tromperie et la malfaisance. Je n'arrive plus à considérer que l'on puisse obtenir ce que l'on veut à n'importe quel prix, la souffrance de l'autre n'étant pas un élément à prendre en compte.
Je refuse d'être manipulée, ou que l'on me fasse prendre des vessies pour des lanternes.
J'avais prévenu, décousu et sibyllin.
Mais je confirme, je déteste qu'on me chie dans les bottes, et qu'on chie dans celles de mes potes. Et là, vraiment, faudrait pas que ça dure trop longtemps le fait de faire peur à mes potes, d'être inélégant, petit, mesquin, manipulateur, pervers, et égoïste. Ca va finir par me faire sortir de mes pompes, et pourrait bien y avoir du dégât, vu toute la merde qu'il y a dedans.
Ca va surtout sentir fort ! Ok, je suis sortie...
RépondreSupprimerVi c'est mieux... tu pourrais être collatéralement endommagée :-)
SupprimerJe te sens particulièrement en forme! Chu d'accord avec toi -eh! pas folle!-. Je rajouterai même que je pense qu'il y a un phénomène d'entrainement collectif, un nivellement par la bas, la facilité. Pas toujours évident de dire les choses quand elles sont là, quand c'est le bon moment. Mais c'est le prix à payer pour continuer à se regarder dans la glace. Je les vois bien ces discussions malsaines du café ou du couloir où on ragotte, où on se sent fort et capable de raconter tout et n'importe quoi sur tout le monde, où on pense être juge, témoin, au dessus en tout cas. Ces procédés font du mal, détruisent, enfoncent et n'apporte rien qui fasse avancer. L'autre est devenu objet. Je vais méditer là dessus aujourd'hui.
RépondreSupprimerEn forme bof, surtout là je n'arrive plus à être tolérante à la petite mesquinerie de comptoir. Le monde va déjà suffisamment de traviolle, il n'est pas nécessaire d'en rajouter, je pense.
SupprimerMais tu as raison, l'entraînement collectif n'y est pas pour rien, de même que la virtualité.
Comme dirait mon ainé "on n'est pas dans un jeu avec "play again" là ! C'est la vie putain, fais gaffe quoi !"
Il suffirait pourtant de pas grand chose pour que la plupart des situations se débloquent. Etre honnête, poser la bonne question, ne pas se monter le bourrichon.
Je ne sais pas comment le dire, mais j'ai vraiment l'impression qu'on peut se faire des noeuds au cerveau de manière parfaitement irrationnelle, alors que de dire juste une vérité, réfléchir avec raison serait la meilleure des choses.
Remarque, je n'échappe pas non plus au montage de bourrichon parfois :-)
11 ans dans la même entreprise, 4 ans à m'entendre de dire par mon employeur que mon travail était de la merde (total incompréhension des collaborateurs qui constataient que non) et 1,5 ans à subir le mépris, les coups bas d'une collègue (bien vue de la hiérarchie) avec qui je passais 9h par jour. Je n'ai pas un fort caractère mais j'ai une capacité à encaisser assez incroyable, jusqu'au jour ou ma santé en a vraiment pris un coup et je suis partie. Tu vois, dans le genre conne je dois avoir le pompon non ? Mais cette épisode m'a servi de leçon et je l'ouvre un peu plus aujourd'hui ;)
RépondreSupprimerJe ne sais pas si tu as lu la rubrique "10 ans" mais j'y explique avec plus ou moins de détail que j'ai passé 15 ans avec un pervers narcissique... Et franchement je ne me décrirais pas comme conne. Donc le problème n'est pas toi mais bien l'autre, celui d'en face, qui t'avait dans le nez.
SupprimerMoi aussi ça m'a servie de leçon, je finis par l'ouvrir avant même que l'autre ai fini sa phrase et j'ai une capacité à reconnaitre l'individu foireux dans la seconde.
La meilleure défense dans ce cas précis c'est encore de mettre le manipulateur dans sa merde en l'obligeant à justifier devant témoin. Et surtout à lui montrer que non seulement ça te laisse indifférente mais qu'en plus, ça te fais juste marrer. Et là, ça fonctionne du tonnerre de dieu.
Ton histoire me donne des envies de coller des baffes tiens :-(
Voilà pourquoi entre autre, j'ai quitté un job que j'aimais beaucoup mais avec des gens qui me pourrissaient la vie tous les jours. J'ai trouvé un autre monde, mais je ne suis pas naïve non plus, je ne regarde plus les gens, les autres de la même façon même si au fond j'aspire encore à croire que tout le monde est beau et gentil.L'espoir fait vivre ma bonne dame.
RépondreSupprimerMouaip !!!
RépondreSupprimerIl a des bottes !!!! Mon pote...
OK je sors aussi :)
Je t'embrasse énormèment !!!!!!
L'humain est toujours plein de surprise, c'est vrai, et pas toujours bonne. Quand à l'effet de groupe, je m'en méfie beaucoup. La meute, c'est intraitable, la plupart du temps.
RépondreSupprimerOuh, très en colère et il y a de quoi ! Tu as raison ,le non-respect de l'autre est intolérable, mais hélas, il est souvent toléré ou on ferme les yeux. Domination et soumission sont hélas les mamelles de l'humain en communauté.
RépondreSupprimerFD, en direct de sa grotte d'ermite.