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jeudi 15 novembre 2012

De saison...

Du brouillard, dehors, dedans aussi. C'est bien la première fois que l'automne ne me convient pas.

Anne demandait de raconter la première fois dans la belle-famille, et là vraiment je m'interroge. Comment me souvenir d'un truc pareil, aussi vieux... Je dois faire obstruction, mais pas moyen de remettre des images et des mots sur ces premières rencontres (ben oui, moi j'ai deux belle-famille à mon actif, l'ex et l'actuelle).

Pour l'ex, c'est black out total. J'avais 20 ans, pas vraiment la tête sur les épaules, eux d'un autre milieu que le mien, et ils venaient de laisser la maison de vacances à leur fils (que j'avais rencontré deux heures auparavant, donc hein oups, dommage, j'ai raté les parents). Je crois les avoir revus une bonne année après, peut-être. Mais la première rencontre ne m'a pas laissé de  souvenirs impérissables; Mis à part la couleur du papier peint du salon, de grosses fleurs mauves et jaunes absolument partout. Des discussions, des réflexions, non rien du tout.

Pour l'actuelle, les apriori étaient légions ! D'un côté comme de l'autre d'ailleurs. Forcément, rencontrer la maitresse de son fils, maitresse mariée et chargée d'enfants de surcroit, ce n'était pas facile facile pour belle-maman. Il faut dire que oui, le cas était complexe. Nous étions "ensemble" mais pas "ensemble" vu que je n'avais pas tout à fait quitté le domicile conjugal (c'était en cours). Et que nous n'avions aucune idée, mais vraiment aucune idée de ce que nous attendions l'un de l'autre.

Bref, situation compliquée, autant pour lui que pour moi, autant pour eux que pour moi.

Je savais une chose, que je n'allais pas me laisser "embobiner", j'avais trop souffert avec l'ex-beau-père qui voulait me faire rentrer dans son cadre, là, d'entrée de jeu, pas question de me laisser marcher sur les pieds ou de courber le dos.

Elle, belle-maman, rêvait d'une jeune fille, vierge, catho, bien polie, bien lisse, bien gentille pour son fils chéri. Soit, voeux légitimes, sauf que le fils en question avait tout de même 35 ans, quelques années de veuvage derrière lui, et une première compagne qui ne rentrait déjà pas vraiment dans le schéma.

Nous nous sommes rencontrés dans leur maison de vacances, en Normandie, où j'avais expressément refusé de passer les 2 nuits que nous avions de disponible.  Nous avons donc rejoint, l'homme et moi, une famille complète, sur la plage. Belle-maman, Beau-papa, beau-frère, belle-soeur et leurs 3 enfants.

Petite femme, cheveux blancs, dynamique, et bavarde. Grand homme, cheveux très blancs, discret et réservé.

Le déjeuner a été "mouvementé", j'ai tout de suite vue que je ne rentrais pas dans les bons critères, pas un mot sur mes enfants - alors qu'elles savaient - pas un mot sur moi, rien, que dalle. Elles deux, en avant, moi exclue. Mais ça ne m'a pas gênait outre mesure, la chose n'était pas simple. Les hommes entre eux. Comme il était d'usage. J'ai tenté de donner un coup de main, ne serait-ce que pour mettre le couvert, je me suis faite rembarrer, du genre "non non c'est bon, nous on a l'habitude" (euh, oui, en fait moi aussi j'arrive à poser une assiette sur une nappe je crois ?)

La "vraie" rencontre, l'officielle, celle qui venait débuter notre début de vie commune, a eu lieu quelques mois plus tard. Chez eux, en ville. Idem, beau-frère et tutti quanti. Et là, rebelote, être polie, donner la main, rien, mur. Alors j'ai décidé de ne pas lever mes fesses de mon siège. Beau-papa devait me trouver à son goût, puisqu'il m'a fait asseoir à ses côtés, et moi j'ai trouvé ses vins délicieux. Nous avons parlé tout le repas de cépages, de cuvées, de terrain, de vendanges, d'exposition au soleil, de mis en bouteille, de préférences œnologiques.

J'ai su, par l'homme, que belle-maman m'en voulait beaucoup de ne pas être comme elle le voulait, de ne pas vouloir qu'elle continue de faire le ménage et le linge de son fils, de ne pas vouloir la voir débarquer à n'importe quelle heure du jour, de la semaine, sans me demander mon avis, de refuser qu'elle trie mon linge et les placards selon son bon vouloir.

J'ai fini par mettre les pieds dans le plat, la coincer entre quatre yeux. Et lui dire le plus gentiment possible, que j'avais 35 ans, 2 enfants et déjà une mère. Que je trouvais généreux qu'elle veuille nous aider, mais que j'étais parfaitement capable de m'occuper seule de notre maison. Ce à quoi elle a rétorqué, "oui mais je le fais chez G. je dois faire pareil chez N." Je lui ai répondu que N. n'était pas G. Que moi je n'étais pas ma belle-soeur. Que je ne sacrifierais pas mes week-ends à aller déjeuner tous les dimanches chez eux, mais que je n'empêchais pas mon mari d'y aller. Qu'il était parfaitement libre d'aller et de venir, et que non et encore non, je ne les détestais pas. Mais que nous n'avions ni elle ni moi la même vision des choses, et qu'il allait falloir faire avec, à défaut de s'entendre.

Elle a du voir qu'effectivement, ça ne le ferait pas, qu'elle ne pourrait pas avoir la main mise sur moi, comme elle pouvait l'avoir sur son autre-belle fille. Et que ça n'avait rien à voir avec du manque de respect.

Beau-papa me prend toujours à sa gauche pour les repas de famille. Belle-maman ne m'interdit plus l'accès à la cuisine et même me laisse faire la vaisselle :-)

9 commentaires:

  1. Je suis moi même devenue une belle mère... Si, si ça arrive! Et je crois qu'il n'y a rien de mieux que de voir ses enfants heureux. Quelle que soit la vie et la compagne qu'ils se sont choisi. J'espère que mes petites belles filles le ressentent comme ça.

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    1. Les voir heureux, oui, mais il ne faut pas confondre avec les voir avec celle/celui qui te convient à toi, comme la fait mon ex-beau-père et comme a tenté de le faire ma belle-mère.

      Je crois que je me fiche éperdument de qui fréquente mes enfants mâles. Du moment qu'elles/ils ont un tantinet d'éducation et d'intelligence. Pour le reste elles/ils peuvent bien être à plumes, à poil, à rayures ou à pois, m'en fous.

      Pour l'instant je n'ai rencontré personne, n'ai été mise au courant de rien. Tant mieux, j'aime autant que leur vie privée reste privée. Après, il sera temps de me faire "belle-mère".

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  2. Tu ne dois pas être la seule à te rappeler de ces premiers échanges! Sacrée punaise! T'as bien raison, il fallait mettre les choses au point d'emblée, ça c'est fait!

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    1. Je n'aie pas eu cette audace là à vingt ans, et c'est bien dommage, ça a fait partie des raisons qui ont brisé mon ex-couple.

      J'espère le répéter assez souvent que les enfants s'en souviennent et l'appliquent, autant s'ils sont concernés, que si je devais me montrer trop "chieuse". Me rappeler à l'ordre ne me ferait pas de mal. Bien au contraire. Il est difficile de ne pas vouloir mettre son nez là où ça ne se passe pas comme soi on voudrait que ça aille. J'ai ce défaut là. Il faudra absolument qu'ils soient rigoureux les pépères. Je risque de leur en faire voir à mon propre désagrément, mais pas à ma volonté !

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  3. C'est toujours un grand moment, la 1ère rencontre avec la belle-famille... ça m'a fait le même effet à presque 40 ans que 25 ans plus 15 ans plus tôt. Tu as bien fait d'avoir posé les choses dès le début... c'est un courage que je n'ai pas :-)

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    1. Je ne crois pas que c'est du courage. Juste dans mon cas, c'était de la survie. Elle était TERRIBLE au départ belle-maman. Et revivre une deuxième fois, non ça n'était pas possible. Surtout que nous habitons à 15 km les uns des autres. Depuis la conversation "musclée" les choses sont vraiment apaisées, elle a bien vu au quotidien que je n'allais pas lui piquer son petit.

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  4. aaaaaaaaaaaaaaah la belle famille !!!
    Tout un poème :-)
    autant j'ai gardé de très bons rapports avec ma première belle famille, autant celle la, je crois que je n'aurai plus jamais de nouvelles... et je ne vais pas m'en plaindre ^^

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    1. Non mais faut pas croire, depuis ça va très très bien. :-)

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  5. Je ne l'écrirais jamais sur mon blog parce que l'Homme me lit, mais ici je te le dis. Ma belle mère, même au bout de 17 ans de vie commune, caresse souvent le bras de son fils en me regardant dans les yeux et en disant "je ne suis pas une mère poule, moi, je vous le laisse hein..."... mais bien sûre, madame la marmotte, c'est donc pour ça que tu l'appelles pour savoir de quelle couleur tu dois prendre tes prochaines rideaux ou peindre tes toilettes... (elle n'a toujours rien compris à l'oedipe et elle a 75 ans !)

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