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jeudi 1 novembre 2012

Sur le fil...

Ma petite mère est venue passer quelques jours parmi nous. Venant de Provence, nous lui avons fait re-découvrir la merdique campagne Beauceronne en automne avec les arbres multicolores et les feuilles qui tombent, le coucher de soleil orangé suivi de la nuit noire à 6 h du soir avec le froid, le vent, la pluie. Bref, nous pensions avoir le cocktail complet et finalement, sur le chemin du retour, nous avons fait beaucoup mieux.

Que je vous raconte donc.


Nous vivons à une heure de l'aéroport d'Orly, puisque nous sommes en province, mais à deux pas de l'autoroute A6. Jusqu'à présent tous les vols étaient en milieu d'après-midi (en même temps, tous = 5 en 10 ans...) donc une heure et quart pour faire notre bled - le terminal ouest c'est parfait. T'arrives, tu déposes, c'est l'embarquement, tu bisouilles une dernière fois et hop tu repars pendant que l'invité s'installe dans son siège.

Hier le vol était prévu pour 16 h 20, fin d'embarquement 16 h, il faut partir à 14 h 45. Nous appliquons un quart d'heure de plus parce que c'est ma maman, et que nous voulons tous lui dire au-revoir tranquillement, faire un dernier câlin toutçatoutça. Nous partons donc à 14 h 30. Jusqu'à 15 h tout est parfait, pas de voiture, pas d'erreur de trajectoire, rien.

15 h 05, ça ralentit un peu,

15 h 10 il reste 20 km à faire.

15 h 15, nous avons fait 7 km...

15 h 30 nous sommes à 10 km de l'aéroport...

15 h 35 j'appelle ma cops de l'agence de voyage, pour lui demander si on peut faire quelque chose "changer de billet, prendre le vol d'après, retarder le vol" la voix entre l'hystérie et le désespoir absolu - là elle s'est retenue d'éclater de rire, elle a été très pro - et elle me dit "oui tu peux toujours lui faire prendre le vol d'après, mais je ne peux pas le gérer vu qu'elle n'a pas pris le billet dans une agence, il faut qu'elle appelle la centrale de réservation". Soit 3654, et fais 1 puis 2, tape 3, les 10 chiffres de ta carte flyingblue que nous n'avons pas, pour finalement arriver à : "votre temps d'attente est estimé à plus de 10 mn..." Là, en vrai, je me suis dit que c'était foutu, que nous allions voir passer son avion par-dessus nous et que nous serions bon pour faire demi-tour et payer 356 euros pour le vol du lendemain.

15 h 38 J'entends un "biiiioup" venant de la voiture. L'homme annonçant, un chouï tendu "oh on n'a presque plus d'essence, mais ça va aller, y'a pas de soucis, je peux faire 50 km" (quand même il a la voix bien tendue pour cinquante kilomètres de réserve) mais bon, là faut avouer qu'il est 15 h 39, j'ai juste un tout petit peu autre chose à faire que de me préoccuper du niveau de carburant, vu que nous sommes toujours dans ce putain de tunnel.

15 h 48, l'embranchement pour le terminal ouest ! Ne pas penser que la fin de la dépose bagage c'est 15 h 50 et que nous sommes loin d'être arrivés dans le hall encore.

15 h 53, je brieffe l'ado : "voilà le billet, le permis de conduire, on s'occupe de Mamie et du sac, toi tu fonces sur la première hôtesse / mec en uniforme que tu vois et tu lui demandes où se trouve la salle d'embarquement pour Toulon, tu fonces jusqu'à la salle et tu demandes qu'on attente ta grand-mère, t'as le droit de te rouler par terre pour faire désespéré."

15 h 55, l'ado sort de la voiture comme un diable de sa boite, nous non, j'avais pas envie qu'elle se colle une fracture du col du fémur en plus.

15 h 57 : euh, mais pourquoi tout le monde est agglutiné aux portes là ? "L'opération de déminage du bagage abandonné est terminée, la circulation est de nouveau autorisée dans l'aéroport"... Manquait plus que ça !

15 h 58 : l'ado nous hurle " salle 40, là bas loin" ! Ah oui, loin en effet, nous sommes hall 1... il faut aller au hall 4... A travers la foule qui est toute émoustillée d'avoir échappé à un bagage piégé...

Ma mère fait preuve d'un sang froid, d'une endurance, d'un calme que je n'aurais pas eu (que je n'ai pas eu d'ailleurs, je ne vais pas m'enfoncer encore plus dans le ridicule, mais elle court mieux et plus vite que moi si vous voulez tout savoir).

Mon fils de toutes ses jambes est arrivé à la porte 40, alors que nous sommes encore bien bien loin derrière, s'est jeté sur le monsieur qui gérait les contrôles, en lui disant "ma mamie arrive, elle est vieille, elle va doucement, elle a mal aux jambes, on était dans les embouteillages, et puis il y avait aussi le bagage piégé, s'il vous plait attendez la, fermez pas les portes"... La grande scène du III en gros, je n'aurais pas fait mieux (mon fils est meilleur comédien que moi, ma mère court plus vite que moi, c'est la grosse grosse loose dans ma vie en ce moment).

Finalement 16 h 03, ma mère franchit les portes d'accès, le sac de voyage en bagage à mains, le billet en vrac et le permis de conduire coincé sous le bras. Mon dieu que j'ai peur pour elle !

On n'a même pas le temps de se faire un bisou, rien, paf, elle disparait.

Je n'ai pas pu m'empêcher d'aller voir l'hôtesse qui était là pour les bagages, lui dire que j'ai peur que ma mère fasse un malaise, qu'elle soit trop essouflée, ou que sais-je, l'hôtesse se rend compte de ma détresse et de suite appelle ses collègues en salle d'embarquement, prévient que ma mère vient d'arriver, qu'elle a besoin d'aide. La collègue répond "c'est bon je l'ai en visuel, j'y vais tout de suite, elle a l'air très bien cette petite dame" "retour à Estelle - C'est ok, Mme G. est embarquée en priorité, je la mets en première classe, me reste des places, elle est un peu essoufflée quand même"

Et là, tu sais quoi, ben c'est moi qui ai fait un malaise !

Mon fils est parti me chercher une bouteille d'eau, mais mes jambes ont flanché avant son retour et c'est Peau d'Ane qui m'a mise le long du mur, a appelé qu'on vienne l'aider, ce qui a été fait diligemment par un stewart qui passait par là.

En retournant à la voiture, j'ai appris que finalement nous étions à 0 km de réserve depuis le tunnel...

Que donc nous devions atteindre la première station en croisant bien fort les doigts pour que 0 km ne veuille pas dire 0 centilitre - et donc pousser un véhicule qui fait une tonne cinq... Nous avons donc pu faire encore 1,5 km pour arriver sur une station dont les pompes ne fonctionnaient pas. Et là l'homme a dit "ça va bien la loose, je ne bougerais pas tant que j'aurais pas mis du gazoil". Nous sommes restés 20 mn a attendre le dépanneur de pompes... Pour s'offrir deux heures et demi de trajet de retour ! Ma mère est arrivée* chez elle avant que nous ayons même atteint les limites de notre département.

J'aime pas Halloween cette année non plus !

*Son département étant en zone "alerte orange submersion", la route a été fermée juste après son arrivée... Non mais le 31 octobre c'est un peu merdique comme date !

12 commentaires:

  1. Ben dis donc,ça en fait des émotions ! Finalement,en train ç'eut été moins stressant, non ?! Bisous, j'espère que tu as repris des forces et que tu t'es bien remise de ces émotions !

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  2. Ben ça alors ! La loose de chez loose ! Si je t'embarquais en Chine pour le boulot, ce serait du sport avec toi dis donc !!!
    Amitiés à ta Maman !!! J'espère qu'elle est en forme et en sécurité désormais !
    Bisous

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  3. Merci les coupines :-) Oui elle est rentrée dans sa maison, a retrouvé son chat, son confort et sa tranquillité. Elle nous manque mais elle reviendra a-t-elle dit.

    Le train c'est pas une bonne idée, parce que ça veut dire aller la chercher en plein Paris tout de même...

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  4. Journée de merde dis donc! Elle finit bien, c'est tout ce qui compte, mais on te la laisse celle là!

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    1. Oui, journée de merde, et celle d'hier n'a pas été mieux. Mais ça, je vous raconterais plus tard.

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  5. Rohhh, quand ça veut pas!!! Le coup de la réserve ne c'est pas transformé en coup de la panne, heureusement!

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    1. Une fois rentrée, l'homme a vérifié. A partir de l'allumage du voyant 0 km, nous avons pu en faire quasi 20 (16.5), soit encore bien plus que je ne l'aurais cru ! Heureusement que je n'ai rien su, il s'est bien gardé de nous le dire. Il était bien plus inquiet du niveau d'essence que de l'avion à prendre. Il "savait" qu'elle l'aurait. Pour l'essence, il avait vraiment la trouille qu'on se retrouve à pousser.

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  6. HAPPY END !! ;)
    Anne86

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    1. Oui ! Sinon je crois que j'aurais mourru dans l'aéroport.

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  7. Ben dis donc, t'aime les émotions toi hein...
    non mais non seulement je me fais une crise cardiaque déjà sur l'autoroute, mais en plus je pense que je divorce... oui, je suis comme ça moi.
    des bises à ta reum...

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    1. A sa décharge, il n'était pas question que l'on fasse une heure d'embouteillage. Il y avait assez d'essence pour qu'on s'arrête à la station juste après avoir déposé ma reum :-)

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  8. Happy end quand même, alors :-)
    (et puis ca fait des choses à raconter ^^)
    des bises :-)

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