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mardi 19 mai 2015

Claquer la porte...

Et choisir la facilité.

C'est ce qu'a fait le cadet hier soir.

Il est parti chez son père ("encore" me dirait mon Amoureux, "enfin" me dirait sa soeur, "évidement" répondrais-je)

Son père, ce héros, qui était trop heureux d'entendre son fils dire à quel point je pouvais être une mauvaise mère qui lui gâchait la vie.


Répéter 20 fois depuis le début de l'année, "Cadet, où en est ton rapport de stage ?" "As tu 'trouvé un patron pour valider les 6 activités nécessaires de ton épreuve technique et orale ?" "As-tu besoin que je relise ?" Et le  "non, pas la peine" systématique comme réponse.

Le voir débarquer, quasi en furie, hier me réclamant le rapport de stage de l'année dernière pour une soutenance ce matin même. Rapport qu'il était convenu de garder "en privé" et surtout pas à exposer en jury. Rapport où la confidentialité des infos pouvait nuire à l'entreprise qui l'avait reçu. Rapport qu'il avait accepté de ne pas utiliser en jury de bac !

J'ai rappelé la règle, j'ai aussi rappelé que pour l'utilisation du dit rapport il aurait fallu faire la demande écrite en début d'année scolaire, prévenir le maitre de stage des parties qu'il voulait utiliser. comme que je l'avais dit à plusieurs reprises.

Cadet n'a pas aimé, Cadet ne s'est pas contrôlé, Cadet n'a pas pris la mesure de sa responsabilité.

Il a donc choisi la facilité :" tu es une mauvaise mère, c'est de ta faute tout ça. Papa est mille fois mieux que toi, il m'aidera lui"

J'ai rappelé au père ce que j'avais déjà moults fois expliqué au fils. Père qui n'avait pas l'air d'être au courant de tout mais qui pour ne pas désaouver  une chair qu'il avait fort peu tenue dans ses bras, a dit "il doit y avoir un malentendu"... Oui tout comme était malentendu les sacs posés en vrac dans le coffre de la voiture.

Mais cette fois, j'ai laissé faire. A moitié étonnée d'ailleurs, mais pas fâchée non plus.

Respirer enfin plus tranquillement. Ne plus craindre les cris, le manque de respect tant pour les autres que pour moi. Ne plus devoir justifier que mes actes étaient "bons".

Très bien. Je suis une mauvaise mère, son père est un héro. Parfait.

Moi je lui ai souhaité bon courage au père. Parce qu'il y a une vachte de différence entre ne pas gérer le quotidien d'une semaine sur deux et savoir qu'il va se le coltiner tout le reste du temps. Suivre les études, le post-bac, les inscriptions, les erreurs de navigation. Admettre les 20 mn quotidiennes sous l'eau de la douche, les lumières allumées partout où il passe, le frigo dévalisé alors qu'à peine rempli, les affaires "empruntées" et au mieux restituées abîmées. Les mensonges à répétition. Gérer le dentiste, les rendez-vous à l'école, le suivi d'un contrat d'apprentissage (si tant est qu'il trouve un patron).

Bon ok, il va aussi nous manquer ses fous-rires, son hilarité, sa fougue, ses délires à table, ses blagues à deux balles.

Mais pas les hurlements, la suspicion parce que le wifi s'interrompt et que forcément c'est nous qui l'avons coupé (et ce même si nous n'avons pas plus que lui de connexion).

Il reviendra pour quelques heures, reprendre l'air de la maison maternelle. Mais en attendant, il est chez son père et c'est difficile à avouer, mais fichtre que ça peut faire du bien aussi !

14 commentaires:

  1. Tu as raison, laisser faire oui.
    Il faut parfois "laisser partir" le zouave hirsute !
    Surtout lorsqu'il nous casse les orteils !
    Cela dit, j'avoue que ma fille ne m'a jamais fait le coup du "je pars chez mon père"...
    Faut dire que Grenouille n'a jamais conçu le logis paternel comme une solution agréable pour ses petites fesses...

    Mais si d'aventure elle en avait formulé l'intention féroce, j'aurais même pris ma voiture pour l'y conduire chez son père !

    Bon courage ma belle !
    Tu n'es pas une mauvaise mère, tu es une mère c'est tout.
    Il comprendra quand il aura des gosses le mioche :-)

    Gros bisous !!!!
    Tu me téléphones si t'as besoin de papoter hein !!

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    1. On n'a dit que parfois la culpabilité reviendrait par vague. Je m'y attends. J'ai ma conscience pour moi. Je sais que je ne suis pas une mauvaise mère. Je sais aussi qu'il sera moins encadré chez son père. Comme dirait ma copine : "les fondamentaux, il les a, quand il en aura besoin, t'inquiète il saura les trouver".
      Vos expériences à chacune me font vivre la période moins douloureusement. :-)

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    2. t'inquiète pô, l'herbe est toujours plus verte ailleurs... jusqu'à ce qu'on se rende compte que c'était du gazon synthétique !

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    3. Alors là je suis tordue de rire ! Tekrokon mais c'est crobon ! Gazon synthétique ! :-)))))))))

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  2. Les miens n'ont pas le choix, ils ne peuvent pas partir (bénis soient les camps scouts quand même !), mais je te rassure, les crises ont lieu aussi, les portes claquent parfois (mais dans la maison, pas celle du dehors), il y a des cris et des pleurs, même à 19 ans. Mais dans l'ensemble, ils arrivent à suivre leur chemin parce que, tout mauvais parents que nous sommes, nous sommes quand même derrière eux (et ils nous écoutent un tout petit peu, malgré tout)
    Profite du calme (j'ai dans l'idée que ça ne va pas durer très longtemps), reste ferme et solide (il en aura besoin, comme tu le dis si bien), courage !

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    1. Il a choisi la facilité (enfin il pense qu'il sera plus au calme, soit, mais plus soutenu ça vraiment c'est pas dit).
      Le calme durera, puisque que nous n'accepterons pas son retour au quotidien. Il faut aussi assumer ses choix et ce départ bravache était celui de trop (c'est la 3e qu'il nous fait le coup).
      Peut-être n'en a t'il pas conscience, mais le quotidien se fera chez son père dorénavant.

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  3. Dur, mais bonne pioche! Comme les copines, je ne sais pas si ça te rassure mais pareil ailleurs...

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    1. Si c'est rassurant, je t'assure que c'est rassurant ! Je ne dis pas que ça ne m'empêche pas de gamberger quand même. Mais ça me rassure.

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  4. Soupir! Ici non plus ils n'ont pas le choix partie se faire dorloter ailleurs. Mais cela frotte aussi...
    Gros bisous de maman.

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    1. Merci pour les bisous de Maman. Frotter ça va, mais là on avait dépassé le stade du frottement.
      Ca va s'arranger, je le sais. Faut juste que le temps permette à chacun de retrouver sa place.

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  5. oh la vache... je reviendrai tiens, pour commenter en vrai,en live et avec empathie !!! par ce que Oh la vache !

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    1. L'empathie est dans ta réponse t'inquiète pas. Ça m'aura pris un moment mais je peux admettre que son père lui manque aussi terriblement. Nous nous sommes séparés alors que le cadet était très jeune. Il n'a pas eu le temps d'apprendre à le connaître. Je crois que c'est aussi une possibilité pour le cadet de le redescendre du piédestal, ce qui n'aurait pas été possible à distance. Je ne suis plus inquiète. Un peu triste de n'avoir pas réussi à le faire grandir bien dans sa peau mais je lui fais confiance. Il saura faire ce qu'il faut.

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  6. Tu sais quoi. C'est leur choix. En conscience ou pas, mais ça reste leur premier choix de (futur) jeune adulte. La coupure de cordon prend diverses formes, elle se fait parfois dans les larmes, les cris et la douleur, mais elle se fait. On va dire. Gros câlins. ça m'a rebrassé des trucs ton histoire :-(

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    1. Gros câlins de maman pour toi aussi. C'est un choix en effet. Et quand bien même il n'est pas le notre on ne peut pas faire contre. Re des bisous

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