Au fur et à mesure de mon existence j'ai pu voir combien mon parcours personnel pouvait avoir d'influence sur mon parcours médical.
Enfant ça allait bien dans ma vie, donc ça allait bien dans mon corps. Donc j'étais suivie sans problème.
Ado, idem, même si je suis passée par quelques errances, j'ai toujours trouvé le bon médecin qui savait me remettre dans le droit chemin.
Adulte les choses changent...
En 1992 je me marie, ça arrive comme ça, mais plutôt comme une nécessité sociale. L'ex est formaté à l'égoïsme, la domination et un brin de perversité. Mais ça je ne le saurais que plus tard, bien plus tard. Peut-être que mon corps le savait avant moi esprit, toujours est-il que je commence une série d'ennuis physiques, tachycardie, stress intense (que je mets sur les relations avec ma belle-famille) et puis une première grossesse compliquée, alitée, médicalisée, alors que je ne suis pas certaine avec le recul d'en avoir eu besoin. Les médecins se succèdent, ne voient rien d'anormal, je finis par croire que je vais bien.
En 1994 je fais une belle dépression post-partum, Que tout le monde ignore, voir condamne. Comment puis-je être déprimée alors que : j'ai un bébé magnifique - qui ne dort que par tranches de 20 mn ; un mari parfait - qui part bosser - mais pas que - le matin à 7h et rentre à 21h et se rajoute des déplacements; que je suis à la maison - un appart que je n'ai pas choisi dans le 18e coincé entre les dealers et le commissariat; que je n'ai pas besoin de bosser - donc que je n'ai pas de vie sociale. L'ex tente de me faire interner suite à une prise un peu élevée d’anxiolytiques mélangés avec une bière. Le médecin est prêt, reste à avoir un second avis, qui est refusé. Retour à la maison. Sans suivi.
En 1995, deux fausses couches. Puis une grossesse à terme, moins compliquée que la première. Mon médecin voit bien que je suis renfermée, le dessin de l'ex commence à prendre forme. mais secret médical oblige, elle ne dit rien, à personne... Nicole Ferroni dirait que j'ai eu des problèmes d'escaliers; Je me heurte régulièrement aux marches, verbales, puis physiques. Je te laisse regarder.
En 2000 on déménage en province. Je n'ai donc plus de médecin. Plus de soignant non plus (dentiste, gynéco, kiné.)
En 2001 je fais une GEU, et c'est un bienveillant qui me reçoit ce jour là aux urgences. Sans lui je serais morte. Et en mai 2001 ça n'aurait pas eu d'importance pour l'ex. Je serais morte et c'est tout. Mais ce médecin n'a pas envie que je meure, j'ai deux enfants, petits, il n'a pas envie que je meure. Il me sauve. Je suis sauvée physiquement mais ma tête reste prisonnière. J'ai le même médecin traitant que mon ex, ils sont potes. Je ne dis rien, il ne voit rien. C'est bien comme ça.
En 2001 je quitte l'ex, en 2003 j'accouche d'une petite fille. On démarre une autre vie. Elle est suivie, j'ai un médecin. Un dentiste. Des soignants.
En 2001 je quitte l'ex, en 2003 j'accouche d'une petite fille. On démarre une autre vie. Elle est suivie, j'ai un médecin. Un dentiste. Des soignants.
En 2009 je me retrouve paralysée du bras gauche, 10 ans à refuser de voir ce que j'avais subi; Le bonze ouvre une première porte. Puis une seconde. Puis peut-être que j'ai ouvert les portes trop vite.
En 2010 je fais une pancréatite... Une grosse. Une de celle qui ne passe pas inaperçue. Mais je ne tombe pas sur un bienveillant; Au contraire, je ne suis qu'un cas. Ce n'est qu'un sauveur. Il m'ignore, considérant son travail accompli après l'opération.
En 2012 . En juillet. Le 7, je perds mon père. Le 11 juillet mon anniversaire se fête au diner d'obsèques. Et je m'oublie. J'oublie ma vie, mes anniversaires, mon corps.
4 ans. Je ne veux plus qu'on s'occupe de moi. Je veux juste qu'on me fiche la paix. Je ne veux pas qu'on rajoute des "c'est pas bien" à ce que je vis. 4 ans sans suivi ou à peine.
Malgré tout je lis, notamment des blogs. Je découvre "Alors Voilà". Je l'aime bien moi, ce médecin-lion. Je me surprend à retrouver des choses, des histoires, des chemins. A me dire que c'est ça que j'attends de la vie. De l'humain. du respect, mais je ne suis pas encore prête à me battre pour ça.
En 2016 j'ai 50 ans. Le 23 décembre je reçois un cadeau de la part de celle qui est et restera la plus fabuleuse des amies.
Et bien! Quel parcours!
RépondreSupprimerMoi aussi je l'aime bien le pere Batiste...
En tout cas, d'accord pour dire qu'il vaut mieux etre a l'ecoute de son corps sans quoi, il se fait entendre et c'est toujours lui le plus fort....
prends soi de toi
C'est encore compliqué pour moi de prendre soin de moi. Mais là c'est dentiste, dermato, ophtalmo. Resterait bien le bilan sanguin et me remettre à courir pour que ça soit bien. Mais une chose après l'autre. Là, j'en suis au début.
SupprimerMais tu as raison, il vaut mieux écouter son corps, c'est toujours lui qui est le plus fort.
Je lis Baptiste sur son blog depuis le début...
RépondreSupprimerVirginie est bien placée pour te dire que le corps se fait entendre quand on l'oublie! Prends soin de toi, tu le mérite.
T'es mignonne Anne :-) Merci. Parfois la tête et le corps vivent deux vies différentes. Moi c'est ce que je me suis imposée pendant 4 ans. Aujroud'hui que j'en ai pris conscience (pour la 2e fois mais l'autre fois c'était mon corps que j'avais zappé et pas mon esprit) je fais attention à être plus en accord. Pas facile de tout remettre d'aplomb. Mais j'y travaille, j'y travaille.
SupprimerTu t'inquiètes des autres et pour les autres et tu t'oublies, enfin on va pouvoir dire t'oubliais maintenant.
RépondreSupprimerTu connais le dicton "Charité bien ordonnée commence par soi même" ? Et bien prends le au pied de la lettre celui là, et prends soin de toi et écoute toi non de non !!
Des bisous :o)
Je ne m'oubliais pas, je ne voulais pas entendre parler de moi, c'est pas tout à fait pareil :-)
SupprimerDisons que comme dans les avions, pour sauver tes gosses, faut que tu sois la première à mettre ton masque. On va dire que ça fait son chemin.
Je t'embrasse tout bien fort !
C'est magnifique ce que tu écris, poser tous ces mots/maux chronologiques, c'est le début d'une prise de conscience, probablement le début d'un mieux. "Dis-moi où tu as mal je te dirai pourquoi", tu fais déjà ce chemin avec lucidité, bravo et bon retour à la vie !
RépondreSupprimerLe début d'un mieux remonte déjà à l'année dernière avec la diét. Il faut que je retrouve le chemin...
SupprimerTu reviens de loin toi ! Ah le corps... suffit de regarder mes plaques rouges et mes boutons pour se dire que nos corps "nous parlent" dans un langage pas toujours très compréhensible !!!
RépondreSupprimerJe t'embrasse fillette !
Et n'oublie pas l'adage : "TOI D'ABORD !!!"
En matière médicale, c'est pas de l'égoïsme, c'est du bons sens !
C'est ce qu'a dit mon dentiste. C'est du bon sens.
RépondreSupprimerMon corps ronchonner comme tu dis mais j'ai pas tout compris son message encore :-D
Tu pustules toujours ?
Mais oui ! Enfin... il semblerait que ce soit un peu moins pire, ou que je m'habitue à ressembler à Mme.MIM !
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