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dimanche 18 février 2018

Feu...

Il y a eu cette lumière qui m'a  réveillée. Ce message de l'ex. Voix calme. Rassurante et objective : ils vont bien. Le cadet n'a rien. L'aîné et son pote ont inhalé des fumées mais ça va. Pris en charge. Ça va.

Et puis le messagr de l'aîné. Sobre. Rassurant "Je t'appelle quand on sort"

Il était  4h17 la nuit du 14 février.

Les voix des uns. Des autres. L'injonction compréhensive mais ferme : "pas la peine que tu viennes, ça va. Ils ne les gardent pas. On t'appelle quand on sort".

Et le cadet en garde chiourme sur les lieux. Les affaires. Les pompiers. Les camions qui l'empêchent de sortir du parking.  Les gens  gentils qui le prennent en charge.

Un feu électrique dans un appartement renové par le proprio et 3 jeunes ont failli y laisser leur vie.

L'aîné est brûlé au 1e degré sur 80% de son dos de géant. Le cadet est choqué  et leur "frère" a tout perdu. Son appart, ses guitares, ses partitions patiemment créées. Sa frangine (en vacances) idem  avec ses chaussures, ses fringues de créateurs et ses dessins des beaux arts.

Et au jour levé faire un peu de tri. Il manque quoi ? Les clés de l'appart de Paris. Les lunettes. Le casque Boose (acheté avec le premier salaire). A merde la gourmette aussi. Tu sais celle de mamie pour mes 20 ans. Elle va être  fâchée ? Je sais pas comment lui dire. Tu crois qu'on va devoir rembourser l'appart ? C'est  pas nous moum tu sais.  C'est  pas nous  et puis heureusement qu'on  ne dormait pas sinon les voisins y passaient aussi. Comment on fait là  ?

On respire. On appelle les  assureurs. On respire. On raconte. Encore et encore. "C'est pas trop grave. Ils sont vivants".

Il faut aussi trouver une infirmière et les pansements (ça  fait beaucoup  de pansement un dos  chez un jeune qui fait 2m de haut...) et puis monter à Paris pour faire ouvrir l'appartement. Et se poser au restau et raconter encore une fois. Et surprendre les regards des voisins de table. Et le serveur qui connait l'aîné  lui dire : je vous offre le café c'est  pas grand chose mais... et voilà  que j'ouvre les vannes.  Et l'aîné qui dit :"ouaip c'était chaud hein moum". C'est le mot bichon. Chaud.

Rentrer rassurer la bejamine. L'écouter  raconter à  sa copine combien elle a eu peur et combien elle a peur encore. Et puis se souvenir  qu'elle a proposé  son casque à  son frère. Et voir le grand les yeux mouillés.

Il faudra du temps pour nous tous.

Le moulin de coulombs dans le 28... moulin du 18e.

10 commentaires:

  1. Oh, la vache!
    C'était chaud!
    Câlins.

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    1. Ouaip. Chaud. Et ça a du mal à refroidir. Mais ça va aĺler.

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  2. Oupsss :-( plus de peur que de mal ! tant mieux !

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    1. Peur oui eux sur le coup. Et nous après beaucoup.
      J'ai beau savoir qu'ils sont là choqués mais indemnes ça me serre encore un peu le coeur. Ça va aller. Ils sen5 remettrons plus vite que moi 😊

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  3. Ouf, tous sont bien vivants et relativement épargnés ! Quelle frayeur rétrospective !
    Le détecteur de fumée n'a pas fonctionné à temps ?

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    1. Si il a fonctionné mais bien après le feu (détecteur dans la cuisine qui n'a pas d'accès avec le palier du duplex où le feu a pris). L'obligation d'avoir un extincteur par étage dans les parties communes était respectée au rdc pas au 4e...
      Tous bien vivants mais tous + collatéraux bien secoués. Le bejamine a encore fait un cauchemar hier.
      Après l'accident de voiture qui a eu lieu dans le village (et pour lequel ils n'étaient absolument pas concernés) et les attentats où ils y avaient des amis à eux) mon coeur de mère s'arrête de battre un peu trop à mon goût...
      L'important étant qu'il reparte 😊
      Bises

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  4. Mais ENFIN !!! Pourquoi tu ne m'as rien dit par texto bon sang de bois !!! J'ai bien fait de reprendre l'écriture aujourd'hui sans quoi je ne savais rien moi !!! Ah mais ! J'espère que tu es un peu rassurée et soulagée ma pauvre amie, je suis de tout cœur avec vous !!!! Quelle épreuve et quelle trouille tu as dû ressentir à postériori !!! Gros bisous, je reviendrai te lire ! Man

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  5. Ho ba mince alors.
    Prenez soin les uns des autres.
    Je vous aime.
    Bisous

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