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lundi 14 décembre 2009

La bretelle égyptienne...

Voilà, ça y est, je suis certaine qu'au moins deux d'entre vous pense que je vais faire des révélations sur ma vie sessuelle... Si les deux là-bas, celles qui se marrent déjà, toujours les mêmes, celles qui sautent sur la moindre occasion de se lancer dans le projet de racheter un sex-shop ou de se faire prendre en photo sur un canapé en fourrure.

Et bien non ! Rien de tout ce qui va suivre ne les intéressera. Faut-il avoir les idées mal placées pour imaginer une seule seconde que la bretelle égyptienne peut amener qui que se soit à penser grivois. Ma bretelle égyptienne est l'élément qui vient de me faire passer une des pires semaines de ma vie de couturière amateur.

J'ai cru devenir dingue, j'en ai pleuré, ça m'a empêché de dormir, j'ai lu et cherché jusqu'à point d'heure des solutions que je n'ai pas trouvé. Jamais je n'ai tant essayé, dé-essayé, ré-essayé, re-dé-essayé, re-re-re essayé de mon existence. C'est pas compliqué, j'ai passé deux après-midi complets quasi à poil à faire le trajet entre ma machine à coudre et la psyché de la salle de bains. Le couloir n'aura jamais tant vu de moi que ces après-midi là !

L'objet de mon dépit : Une robe du soir pour le réveillon du 24 à venir, enfin pas toute la robe, juste ça, là, le truc en rond à côté du A... (pourquoi je l'appelle la bretelle égyptienne ? Parce que la forme me fait penser au col des robes de Néfertiti)

Comme ça, vu de loin, ça paraît bête comme chou, c'est juste deux bouts de tissu qui se rejoignent sous le bras. Sauf que normalement ça doit aussi aller dans le creux de l'épaule, bref, servir de bretelles pour que la robe ne tombe pas, dévoilant l'anatomie de celle qui la porte.

Celle qui veut porter la robe, c'est moi, et mon anatomie révélée en pleine salle de restaurant 4* vous comprendrez que ça me réjouissait moyen, même pour faire cadeau à Cher et Tendre le soir du 24 décembre.

Mais pourquoi donc la robe tomberait-elle hein, vous demandez-vous ? Ben parce que je ne trouvais pas le moyen de faire tenir la bretelle au creux de l'épaule ! Non ce truc ne se résignait pas à suivre la trajectoire prévue mais se baladait invariablement à moitié de mon bras.

Epingle, monté au fil, re-épingle, à l'endroit, à l'envers, avec un seul côté, avec les deux, ce truc tombait toujours à moité bras ! Ca devenait agaçant au dernier degré. Me revient donc en mémoire une maxime assez appropriée en couture, "un millimètre ça peut être un millimètre de trop", nuançons tout de même, en longueur d'ourlet, ça risque pas grand-chose, par contre en encolure, en emmanchure et parfois en fourche (je vous montrerais un jour quand j'aurais le temps), oui, ça peut être un millimètre de trop et foirer complètement l'oeuvre. Parce que faut pas déconnasser, une encolure qui baille ou une emmanchure qui "grigne" c'est ballot quand on a passé tout ce temps à vouloir faire de la belle ouvrage.

En l'occurrence c'est pas tant de la belle ouvrage moi que je voulais, mais juste une robe un peu jolie dans laquelle je n'aurais pas l'air d'un boudin entaffetaté. Parce que oui, pour arranger mes affaires, j'ai pris du taffetas pour ma robe du soir. En même temps, hein,  si j'avais pris du liberty, ça n'aurait pas eu la même allure.

Revenons à mon Egyptienne. Je décide donc de tout défaire, pour tout re-poser sur le patron. J'avais juste à peine perdu les repères entre devant bretelle et devant robe, idem pour les dos. Je repose donc le patron sur le tissu, ça colle, je remarque le repère 6 (qui avait disparu dans la bataille entre la psychè et la machine à coudre), je remarque le repère 5, ah oui, tiens il y a bien un repère 1 pas loin, mais vraiment lui, c'est pas le moment qu'il se pointe... Je reprends le tissu, la bretelle dos-devant, le dos-devant de la robe, les repères et... rien, enfin rien ne va. Les deux 6 sont à plus de 3 cm d'écart, là mon ouvrage il n'était plus foiré, il était carrément satellisé. Les 5 sont comment dire, pas loin l'un de l'autre, mais une fois piqués pas du tout dans l'axe, le décolleté du dos faisait un truc comme la robe de Guy Laroche sur le dos de Mireille Darc dans "Un grand blond avec une chaussure noire" et là c'était pas non plus prévu comme ça :


Ben j'ai abdiqué, si, oui, moi, j'ai été vaincue, j'ai rien compris, rien vu venir, Napoléon devant Waterloo avait eu plus de nez que moi.

J'ai fini par changer la bretelle égyptienne. Parce que non je ne voulais pas renoncer au joli buste que cette robe me faisait, ni au fait que le modèle effaçait autant que faire ce peut mon ventre à qui je n'arrive pas à faire comprendre que je ne suis plus enceinte de 4 mois depuis bientôt 7 ans, bref, tout, sauf les bretelles me convenait dans cette robe.

Alors j'ai viré les bretelles, je les ai remplacées par des bretelles plus fines, que j'ai taillées dans le biais, que j'ai entoilées et que je poserai demain.

Je n'aurais pas tout perdu, parce que j'ai réussi à poser en totalement invisible une fermeture éclair sur le côté de la robe, j'ai aussi travaillé les finitions, elle est aussi belle à voir à l'endroit qu'à l'envers et ma grand-mère serait rudement fière de mon travail.

Je vous mettrais des photos, quand elle sera finie, parce que là, vous savez c'est un peu comme une superstition, tant que le dernier point n'est pas fait, alors la robe n'est pas montrable. Mais même un peu en mode brouillon, je la trouve drôlement jolie et réussie ma robe de soirée !

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