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mardi 13 juillet 2010

Encore et encore : La soirée

Je vous racontais  combien la réunion générale avait été difficile, courte et particulièrement violente. Je peux vous dire que la suite n'a pas été beaucoup mieux.

Nous sommes donc repartis chacun chez soi, le nez dans le tablier, sans parler à personne. Une fois à la maison, j'avoue que l'angoisse m'a prise. J'avais coincé mon chef dans un coin de la cuisine dans l'après-midi et lui  avait fait promettre - droit dans les yeux - que si j'étais concernée, elle m'en parlerait avant que je ne reçoive la lettre de convocation à l'entretien préalable. Ce à quoi elle avait répondu - toujours droit dans les yeux - "Je n'ai rien à te dire, vraiment rien". Ce qui était quand même difficile à interpréter : rien à me dire parce que ne pas pouvoir / ne pas vouloir / ne pas avoir le droit / ne pas être concernée ?

Cherettendre me dit "Ecoute tu m'as déjà fait le coup l'autre fois, là on va attendre que tu reçoives la lettre pour se mettre la rate au court bouillon" (il est de temps en temps, d'un réconfort quelque peu différé) j'ai donc opté pour une série d'appels/sms à l'un ou à l'autre de mes collègues pour essayer de raisonnablement calculer nos risques de se retrouver à la rue d'ici quelques semaines. Et franchement on a été aussi nuls les uns que les autres avec nos "mais non t'inquiète si tu étais concerné, tu le saurais" et les "mais non, tu déconnes ton poste est indispensable, t'es là depuis trop longtemps" et autres blablablas.

Il y avait aussi dîner de prévu chez belle-maman, avec mon beau-frère. Mon beau-frère est de ces êtres particuliers qui vous agressent avant de vous connaître, pour voir jusqu'à quel point vous pouvez être fiable. Sauf que je ne joue jamais à ce jeu à la con. J'avais donc laissé tomber bien avant lui et nous nous étions pris en grippe de manière rationnelle et réciproque. A la lueur d'un moment d'égarement, j'avais quand même réussi à lui dire que je me fichais totalement de ce qu'il pouvait penser de moi ; que mon intérêt c'était mon mari, et que tant qu'il ne comprendrait pas ça, alors vraiment c'est qu'il était encore plus crétin que ce que je le pensais. Ce qui l'avait surpris et  nous avait rendu à de meilleurs sentiments l'un envers l'autre.

Arrivée au dîner, beau-frère vient me voir en me disant "j'ai des infos sur ta boite, tu veux bien venir en causer deux minutes ?" Et là il m'apprend que oui, c'est quand même plutôt mal barré. Que le trou s'apparente plus au gouffre de Padirac qu'à la mare du village, que ces licenciements sont obligatoires, voir même insuffisants. 30 secondes supplémentaires, et me voilà encore plus assommée que trois heures avant !

Dans le même temps je reçois un sms sibyllin de mon patron "essaye de passer une bonne soirée quand même"... suivi d'un "tu comprends pourquoi je ne pouvais rien te dire. Mais saches que tu es quelqu'un de précieux"... Ma capacité à encaisser les chocs mentaux est équivalente à celle qui me fait supporter la douleur : proche du zéro absolu une fois dépassé le stade de l'aigu. Tant qu'il n'y a pas de répétition, tout va bien, dès que ça devient chronique, hop, je jarte mon esprit de mon corps et c'est la fête de l'irrationnalité ! Et ça avait donné un truc du genre : Moi, sans boulot, même indemnisée, et s'en est fini de la maison ! C'est le seul truc que l'on ai ! On ne part pas en vacances, on ne va que très peu au restau, on va au cinéma 3 fois l'année, bref, on a 0 loisirs, 0 superflu dont on peut se passer. Au pire une fois vendu la moto - en se crevant le coeur au démonte-pneu - on paye 3 foutues mensualités de plus et on fait les valises pour vivre j'sais pas où... j'étais effondrée !

Beau-papa voyait bien que ça ne tournait pas rond, mon beauf et moi, alors il nous colle face à face en nous fichant devant le nez une bouteille chacun... Lui du rosé, moi du rouge (Un Château La Gramondie 1994, on aurait dit le Petit Jésus en culotte de velours !)

La soirée a été "chaude", il faisait 32° dans la baraque et 28° dehors à 23 h 15... et in vino, on a descendu chacun les 3/4 de nos bouteilles. On était à au moins 1 gramme ! Et mon beauf, un coup dans le nez a plus de compassion que son frère/mon mari à jeun ! (je rassure les foules, les conjoints ont conduits au retour).

Pour autant il n'y a pas eu plus de réponse dans le dépôt du vin que dans le marc de café.

3 commentaires:

  1. Coucou, j'ai cru comprendre que l'orage est passé mais que la foudre n'est pas tombée sur ta maison du bonheur? J'espère tout va mieux pour toi et que tu es moins inquiète pour ton boulot!
    Bon week-end!
    Manderley

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  2. Ca va un peu mieux, je ne digère toujours pas la manière d'avoir fait (la suite dans la semaine) et j'ai eu coup un méchant retour de vie (on va appeler ça comme ça - idem j'en causerais là, j'ai besoin de poser les choses un peu).

    Biz

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  3. La vie, c'est comme en avion: on traverse régulièrement des périodes de turbulences... Ca m'a l'air d'être le cas pour toi en ce moment.
    J'espère que les choses vont rentrer dans l'ordre rapidement pour toi. Parce que c'est sûr: les choses finissent toujours par s'arranger...

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