Je vous disais il y a peu que j'allais mieux... J'ai du le dire trop fort, le destin m'a, de nouveau, plaqué le nez dans le gazon. Rien de grave, mais une gamelle de plus.
La société dans laquelle je travaille va mal, très mal même, tellement mal qu'il y a 6 mois, Grand Patron annonçait les prémices de gros soucis en supprimant la fête de fin d'année mais en maintenant primes et train de vie habituel (fleurs toutes les semaines, petits fours aux visiteurs, prise en charge des séjours de nos distributeurs..) Gros soucis auquels il refusait de croire, disant aux banquiers "non non non, je ne réduirais pas la voilure, on fera le dos rond, ça va repartir..." Non pas que nous menions grand train, mais sans être de l'amateurisme, la politique était/est plutôt sans vision à long terme ; à ça rajoutons quelques choix stratégiques discutables, agrémentés de volonté, louable certes, de maintenir le plein-emploi et les réserves fondent comme neige au soleil de juillet. Je dis discutables, parce qu'en fac il n'est pas, dans les politiques industrielles des pme, recommandé de mettre tous ses oeufs dans le même panier et de ne pas anticiper les mouvements du marché, celà dit, bien évidemment que je me serais trouvé fort bête s'il m'avait fallu appliquer une politique d'entreprise. J'suis secrétaire, pas visionnaire...
Il s'agit d'une petite structure familiale, récupérée par un Grand Patron plutôt contraint et forcé. Il a délégué son autorité et ses obligations pour se concentrer sur ce qu'il aime, laissant au Sérail le soin de conduire la barque. A-t-il bien ou mal fait la chose ? Disons que quand tout va bien, ça ne se passe plutôt pas mal, mais que quand ça va mal, Sérail et Grand Patron resserrent les informations et décident, à 3 et à court terme de ce qu'il convient de faire, sans rien en dire à qui que se soit... Ca part d'un bon sentiment non, de ne pas divulguer pour ne pas inquiéter ?
Sauf que... les murs ont des oreilles, les moquettes résonnent et les portes ne sont pas toujours bien fermées. Résultat, on sait sans savoir vraiment, on se doute seulement, et tant qu'à faire on aimerait autant être plus officilellement informés.
Il y a deux ans, ce problème de communication a été soulevé, analysé, disséqué, et les solutions renvoyées à leur foyer... Chacun retournant dans sa tour d'ivoire, sans écouter les bruits de l'atelier, sans vouloir entendre les alertes, les "hop là, on commence à sortir de la route, il faudrait redresser la barre..."
Résultat, au bout du bout des ragots et des mines sombres, jeudi nous avions "Réunion Générale". Si si générale, mais ça n'a pas empêché certains de dire "Générale, ben c'est pas pour nous, si ?" ! Pour vous dire à quel point cette notion de partage et d'information n'est pas dans nos moeurs...
Je vais, dans le jus, vous donner la teneur des propos de Grand Patron...
"Bonjour,
Les résultats ne sont pas bons, il y a 6 mois ils étaient mauvais, aujourd'hui c'est pire. La société perd de l'argent, depuis trop longtemps. J'ai fait des efforts personnels, j'ai fait tout ce qu'il était possible de faire pour maintenir le cap. Pour garder la confiance des financiers (donc ceux qui nous font vivre) je suis contraint de faire des efforts au niveau de la société. Il y aura donc 5 licenciements, les lettres d'avertissement partiront demain. De plus, les primes de juin ont été minimum, ça en a fâché certains, mais il va bien falloir qu'ils comprennent que quand il n'y a pas de boulot, il n'y a pas de primes, donc celles de Noël seront supprimées, elles représentent l'ensemble de 3 salaires, ça n'était pas à négliger.
Avez-vous des questions ?
Généralement vous n'en avez pas, je ne compte pas que les choses changent, et c'est pas aujourd'hui que vous allez en avoir.
Je ne voulais pas de cette réunion de toute façon"
Et bam, il est sorti de la salle, nous laissant là, totalement abasourdis ! Quelle violence ! Quel mépris ! 5 licenciements dans une boite où nous sommes 35 ! Qui, comment, quand ? Oui, bien sûr que là il y aurait eu des questions, mais vraiment nous n'en avons pas eu le temps.
Et il a fallu partir avec ça sur le coeur, chacun le nez dans son tablier à se demander s'il allait ou non faire parti de la charrette... Chacun comptant dans son coin : jeudi, vendredi, bon ça n'arrivera pas samedi quand même, alors lundi ou mardi, le recommandé arrivera dans la boite, il faudra aller le chercher à la poste...
Et nous voilà, anéantis.
Hum... même si je te souhaite de ne pas recevoir cette lettre fatidique, conseil "d'amie", prépare ton CV tout neuf et commence à ouvrir l'oeil... car même si tu ne fais pas partie de la charrette, tu peux peut-être anticiper et dénicher un poste plus stable et serein ailleurs... dans une entreprise qui offre plus de perspectives d'avenir...
RépondreSupprimerBisous,
Manderley
Tiens, je pensais également à Manderley en lisant ton billet... j'espère que tu ne feras pas partie du lot et comme le dit Manderley, assure es arrières en préparant un nouveau CV...
RépondreSupprimerAlors je ne fais pas partie de ce lot là, mais je n'avais pas le courage dimanche de tout raconter, la suite viendra...
RépondreSupprimerJ'ai quelques très très bonnes amies qui me surveillent de près, qui ont mis un plan d'action en route, je prends le temps de vous raconter d'ici la fin de la semaine.