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samedi 17 octobre 2009

Le bonus...

La soirée s'était accompagnée de deux séries d'animation : une équipe de basketteurs acrobatiques (aidés de trampoline) et une équipe de capoeira. Ne connaissant pas grand-chose à la seconde et rien à la première (malgré le fait d'avoir vécu 2 ans sous le plancher d'une partie de l'équipe de l'ASM - Basket dans les années 75-80 à Clermont- Ferrand), j'ai apprécié ces deux disciplines avec l'oeil de Christophe Colomb découvrant les Amériques.

J'aurais du avoir la puce à l'oreille, à tout le moins par le thème "basket de folie" - ici - il n'empêche que c'est lors de la remise du trophée "Equipe" que le bonus s'est annoncé. L'équipe en question : "L'entente Orléanaise" sélectionnée pour un match de qualification et le Conseil Régional nous offraient les places pour le match retour en Euroligue de Basket ; bigre et moi qui ne savais même pas que le basket pouvait avoir une Euroligue ! Vous me voyez arriver avec mes stilettos - que je n'ai pas - sur le parquet du Zénith d'Orléans ? Ben c'est pourtant exactement ce qui s'est passé.

Le Conseil Régional, tout fier d'avoir réussi une soirée de Trophées, nous faisait don, pour le vendredi suivant, à nous, peuple ignorant les règles du ballon sur parquet - parce que faut pas croire, je n'étais pas la seule à ne rien y connaître - de places pour le match retour "EO / j'saispasquoi Trévise" - en plus j'suis nulle en italien.

Pourquoi pas, Môssieurl'ainé est bien inscrit en option basket volley au lycée, ça devrait lui plaire, quant à Pierrotcadet, pour peu qu'il y ai de la musique, n'importe quoi lui plaît ! 3 inscriptions plus tard nous étions pourvus pour un match en Pro A.

J'avertis les concernés, et miracle réponse immédiate "Trop de la balle ! Merci Maman" (merci le Conseil Régional, mais j'allais pas rectifier, sinon j'explosais mon forfait).

Vendredi, c'est pas samedi, donc vendredi c'était un peu compliqué, récupérer le cadet, chopper l'aîné au lycée et prendre la route. Sortir de notre "capitale de province" nous prends 40 mn et me met les nerfs en pelote ! Même les enfants, pourtant parfaitement insensibles à mes cris et autres énervements, finissent par dire "nan mais Maman c'est pas grave, on préfère rentrer, et puis le basket c'est nul, et puis ça va te fatiguer, et puis t'aime pas conduire la nuit, nan mais c'est pas grave on retourne à la maison, on regardera Eurosport", le tout sur fond de bruit de coeur brisés en millions de morceaux et d'espoirs déçus.

J'ai entendu le bruit du coeur qui se brise, et ben c'est pas joli-joli... J'ai donc gaillardement ravalé mes insultes de conductrice, échangé Fun contre RTL2 - j'aurais préféré Classique FM mais là, j'ai eu pitié - et zou direction Orléans. Pierrotcadet a embarqué Morphée à la sortie de Chartres, et l'a largué à Olivet.

On récupère nos billets, et déjà là Môssieurl'ainé croit trop que sa mère est une héroïne ; le chef de la sécurité la salue comme une vieille copine, elle passe devant une file de 456 personnes et toppe des places vip en moins de temps qu'il n'en faut pour montrer un sac vide aux vigiles ! Héroïne qu'à moitié, parce que le dîner n'était pas prévu et on se prend un "nous c'est le goût" des plus menteurs - c'est le dégoût leur truc, eurk, j'ai cru vomir.

Il fallait atteindre le saint des saints, et l'avantage d'avoir des enfants innocents de tout contact avec le monde du basket en real life, c'est qu'à la première expérience, ils ouvrent des yeux comme des soucoupes, l'air béat, sans avoir le temps de me faire le coup du "c'esttropdelaballe,maisj'enaivud'autres". Là, vraiment même moi, ben oui quoi je ne vais pas bouder mon plaisir, j'ai trouvé que ça avait de la gueule, cette salle comble, les lumières, les pom-poms girls, la musique, et ce tout petit terrain au milieu.

Déjà, les gars scotchés dès l'entrée, j'étais gagnante, restait à voir la suite. J'avais prévenu les foules - enfin ils étaient deux - je ne connaissais rien au basket, si j'applaudissais à contretemps, ils auraient honte épicétout ! Briefing de Môssieurl'ainé : tu verras c'est pas compliqué, y'a deux équipes, un ballon, il faut le mettre dans le panier qui est là, et c'est ceux qui l'envoient le plus souvent et du plus loin qui gagnent le match. Ok, vu comme ça, c'est accessible à n'importe qui le basket. Il me précise la bonne couleur des joueurs, et me dit d'un air docte : "tu fais comme tu nous a dis pour un dîner prout-prout, t'attends que les autres fassent pour faire pareil, quand tu sais pas" ok, là aussi ça va, si c'est juste suivre la foule, je sais faire aussi.

Le match s'engage, et je suis aidée, la salle est TOTALEMENT acquise à l'EO, d'autant plus facile pour nous que nous sommes dans le camp des supporters traditionnels, et qu'ils hurlent "défense, défense" quand les Italiens sont limites de marquer un point, et "offense offense" avec un entrain des plus joyeux quand c'est l'EO qui se colle sous le panier gagnant.

Les enfants sont debout à chaque point, les mains rouges d'applaudir, les pieds marquants le rythme des encouragements, les cordes vocales explosées par leur soutien. Du coup, moi aussi je rentre dans le jeu (enfin en restant à ma place), je suis, j'encourage, et je finis même pas dire "mais tire bon sang, t'es pas ma grand-mère !" déclenchant une vague d'hilarité autour de moi ; un monsieur a la gentillesse de me remercier d'encourager aussi justement un petit gars qui a tendance à freiner ses exploits, ce qui limite la honte de mes enfants.

On n'a pas gagné le match, mais on est qualifié pour Tel Aviv... nan, nous on n'y va pas, le conseil régional ayant épuisé ses budgets.

Le retour, de nuit, 3/4 sous la pluie ne m'a pas achevée, et pourtant je le craignais ce retour. Ce match, le premier pour nous, nous a donné bien du plaisir à tous les 3, les garçons étant ravis, enthousiastes, et remerciants ! Franchement rien que de voir leur sourire, ça valait le coup de prendre la route, alors hein le bonus, c'était vraiment du bonus mes choubidous !

3 commentaires:

  1. En te lisant, j'avais presque l'impression d'y avoir été avec vous ! Ca me rappelle ma jeunesse lycéenne quand j'étais supportrice du SLUC.

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  2. Le seul "nous c'est le gout" que j'ai fréquenté a été fermé pour raisons sanitaires...
    Je te vois d'ici avec tes pom-pom à fond en train de les encourager. En tout cas il y en a 2 qui vont rêver longtemps de cette sortie !!!

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  3. C'est clair qu'on a passé un excellent moment, eux, moi, bref, ça valait le déplacement.

    Moi ça m'a rappelé mes matchs de hockey, quand on était en inter-départementale, les hurlements, on était aussi fatigué après le match en tant que spectateur que quand on jouait !

    Je suis rentrée dans le jeu, mais je suis bon public, je rentre dans le jeu même sur une manche de 65 cc quand les gosses de 6 ans mettent 20 mn à faire le tour de la piste !

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