Au deuxième rendez-vous j'étais moins bloquée, pas en super forme mais au moins j'avais pu conduire. Monsieur mon Bonze essaya de m'expliquer comment il allait tenter de voir où ça coinçait; parce que d'après lui, ça coinçait fort, loin et depuis bien plus longtemps que mon passage aux urgences. Il me proposa donc une "fasciatherapie". N'y connaissant rien d'autre que le peu que j'avais vu en ostéo, je n'en étais plus à ça près et si d'aventures il me déglinguait plus que je ne l'étais déjà, mon mari lui réglerait son compte à leur prochaine commission de travaux. Il avait bien compris que j'étais une terrienne-rationnelle et que je n'avais pas l'intention de laisser me compter des histoires à dormir debout de circulation d'énergie et autres fadaises. "Mon organisme et moi, on ne s'est toujours pas rencontré figurez-vous", lui avais-je dit en guise de bonjour. "Ca n'est pas très grave, ça viendra" m'avait-il répondu (même s'il ne pensait pas que ça viendrait aussi violemment...)
J'avais comme consigne de le laisser faire, de le laisser aller chercher là où le problème se situait. Et éventuellement de lui indiquer la première fois où j'avais eu mal. "Nan mais ça va pas la tête ! Déjà me laisser faire, comment dire, euh, non, parce que mon "lâcher-prise" et moi on n'est plus ensemble depuis des lustres et que je ne vais pas aller le déranger pour si peu ; en plus je me souviens tout juste de ce que j'ai fait la veille, alors aller dire quand est-ce que..." euh, meuh, oulàlà, d'un coup les yeux me piquaient fort. Je ne savais pas ce qu'il faisait, il était en arrêt sur mon omoplate, je n'avais pas mal, juste une grosse envie de pleurer. Juste quand il appuyait là, oui, là, eh hô, les yeux débordaient. Stop ! Fallait qu'il enlève ses mains de là, tout de suite !
Je lui demandais d'arrêter, il s'exécuta. Et me dit "ça réagit très fort, et ça n'a rien à voir avec votre torticolis". J'avais capté ça moi aussi. Mais s'il pouvait me dire à quoi c'était du, ça m'arrangerait, hein ! Il m'expliqua qu'il avait certainement trouvé le point d'origine, la première douleur. Mon organisme avait fait des barrages, retenu, puis laissé passer pour barrer la route un peu plus loin. Cela expliquerait les multiples contractures. J'aurai inconsciemment ordonné à mon organisme de ne pas venir m'imposer de douleurs, parce que, selon mon bonze, je n'étais pas disponible pour en prendre conscience. Aujourd'hui je l'étais, malgré moi encore une fois... Mon corps avait dit "stop, je n'encaisse plus, il faut que toi, esprit, tu fasses quelque chose pour moi maintenant".
"Une douleur n'est pas que somatique, elle peut l'être, mais dans votre cas elle est aussi psychosomatique, votre inconscient vous demande de prendre soin de lui." Une espèce de chacun son tour. Mon corps avait laissé champ libre à mon esprit durant 14 ans, maintenant, c'était à mon esprit de prendre le dessus et me permettre de guérir.
En l'écoutant, les souvenirs remontaient, je me revoyais, assise par terre dans cette cuisine, le dos en vrac, l'ex face à moi. Et je réagissais que ma première douleur datait de ce jour-là. Depuis 14 ans, mon corps faisait barrage à cette douleur mal-soignée parce que je ne lui avais pas laissé la place de s'exprimer.
"A partir de là les choses vont se débloquer, pour de bon" ; me prévient-il rajoutant "ça risque de faire un peu de dégâts".... Mon esprit a toujours été protégé, mon corps a toujours tenu le coup, et ces deux là allaient se retrouver sans repère le temps de reprendre leur fonction première.
Il avait raison le bougre, il avait vraiment raison, le retour de la 4e séance a été une quasi torture, je n'étais plus moi, j'avais mal partout, froid, perdant l'équilibre, l'estomac en vrac, je ne respirais plus comme avant, j'étais vrillée, c'est le mot, vrillée de l'intérieur, je paniquais comme pas permis. Cherettendre était prêt à lui péter les dents.
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